Résumé

Portrait de Philarète Chasles Philarète Chasles Les Salons en France et en Angleterre au XVIIIe siècle

Leur moralité est terne, et leur bon goût sans saveur. Arrivons jusqu’à Walpole ; c’est là que commence la sphère polie et élégante ; là Bentley le commentateur, Gray le poète, les charmantes Gunnings, Horace Mann, se donnent rendez-vous ; la France se laisse apercevoir, et Mme Du Deffand est au fond de la perspective. Si vous voulez vous éloigner davantage de la région puritaine et populaire, au-dessus même de Walpole, vous trouvez son ami George Selwyn, l’homme comme il faut par excellence, parce qu’il ne fait rien, et que Walpole fait une multitude de riens.
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Ce sont eux précisément que la France tonnait ; c’est Wilkes, c’est Bolingbroke, l’évêque conspirateur Atterbury, Wharton l’extravagant, Montagu le fou. Elle lit l’améla, et s’abreuve d’Young ; elle ne sait pas qu’Young fait de l’or avec ses pleurs, qu’il partage les orgies de Marie Wortley Montagu et de Wharton, et que c’est le plus vénal des mendians lugubres ; elle ne sait pas que Richardson réunit en lui-même beaucoup du Tartuffe et un peu de l’Avare ; elle admire à la fois tout ce qui lui vient de ce pays libre. La France généreuse aurait-elle été dupe ?
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En de tels cas, on se regarde, on se toise, on s’étonne, on se fait de mutuels emprunts, mais on ne s’en aime pas davantage et l’on ne se transforme pas. La France, sans vie politique et amoureuse de l’élégance des mœurs, ne pouvait improviser ni un Bolingbroke, ni un Chatham, ni le tribun Wilkes ; la vie politique de l’Angleterre, tumulte réglé, combat en champ-clos, ne pouvait s’accommoder des mœurs de Crébillon fils.
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