J.-H. Rosny aîné,
La Mort de la Terre - Contes
“ Près d’elles, Manô rêvassait. Leur trouble ne l’avait surpris qu’une minute. Le fatalisme était sur ses épaules comme un roc. À la vue de Targ, Arva s’écria : — Je ne veux pas !... Je ne veux pas ! Nous ne mourrons pas ainsi. — Tu as raison, répliqua Targ. Nous tiendrons tête à l’infortune. Manô sortit de sa torpeur pour dire : — Et que ferez-vous ? La mort est plus proche que si nous avions cent ans de vie. — N’importe ! cria Targ. Nous partirons ! — La terre est vide pour les hommes ! fit encore Manô. Elle vous tuera dans la douleur. Ici, du moins, la fin sera douce. ”
