Euthanasie

Définition et enjeux

Jeanne Rouchy,  Le droit de guérir : thèse... (1935)

“ Par conséquent, le médecin qui injecte à son patient une dose mortelle de toxique, sous couleur de calmer la douleur, sacrifie une vie humaine qui a une chance, si infime soit-elle, de se sauver.
Ce raisonnement est impeccable, mais dans la pratique il y a certainement des cas où le malade est d'une façon si certaine, si proche de la mort, qu'on ne peut pas espérer la mise au point avant sa mort d'une découverte nouvelle capable de le guérir. Dans cette hypothèse, l'euthanasie doit être non seulement une tolérance, mais une œuvre d'humanité.
”
Source : Gallica

aîné J.-H. Rosny,  La Mort de la Terre, roman, suivi de contes

“ L’euthanasie était d’une extrême douceur. Dès que les condamnés avaient absorbé les merveilleux poisons, toute crainte s’abolissait. Leurs veilles étaient une extase permanente, leurs sommeils profonds comme la mort. L’idée du néant les ravissait, leur joie croissait jusqu’à la torpeur finale.
Beaucoup devançaient l’heure. Peu à peu, ce fut une contagion. Dans les oasis équatoriales, on n’attendit pas la fin des provisions; il restait encore de l’eau dans quelques réservoirs, et déjà les derniers habitants avaient disparu.
Il fallut quatre ans pour anéantir le peuple des Hautes-Sources.
”
Source : Gutenberg

Paulette Nègre,  La responsabilité civile dans la pratique de la médecine (1935)

“ Ce serait accorder un droit redoutable au chirurgien. Pourquoi, dans ces conditions ne pas lui accorder le droit de mettre fin aux jours d'un client qui ne peut plus guérir ? L'euthanasie a été condamnée par tous les médecins dignes de ce nom, parce que l'on ne peut jamais affirmer somme toute qu'un malade ne peut guérir. Avec raison le peuple dit : « Tant qu'il y a de la vie il y a de l'espoir ». Il n'est pas de vieux praticien qui ne puisse citer des exemples de malades guéris contre tout espoir. ”
Source : Gallica

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