Résumé

Étienne Frédéric Bouisson Traité théorique et pratique de la méthode anesthésique appliquée à la chirurgie et aux différentes branches de l'art de guérir… (1850)

Lorsque le sommeil est profond, non seulement la sensibilité totalement anéantie ne peut plus être sourdement excitée et servir de stimulus aux songes, mais la perle de la conscience et de l'intelligence accompagne celle du sentiment. L'imagination elle-même ne peut plus profiter de son affranchissement des sens extérieurs, elle est enchaînée à son tour. Désormais impuissante à colorer une image, à lui donner une signification suivie, il lui est impossible de créer une idée isolée. L'idée, c'est-à-dire la forme mentale représentative des objets, s'efface sous l'influence profonde de l'éther.
Source : Gallica

Étienne Frédéric Bouisson Traité théorique et pratique de la méthode anesthésique appliquée à la chirurgie et aux différentes branches de l'art de guérir… (1850)

Le sang qui s'échappe des vaisseaux est noir comme dans l'asphyxie; la respiration devient difficile, s'interrompt parfois, et cette interruption prend un caractère effrayant; les battements du coeur deviennent rares; le pouls est d'une petitesse extrême et cesse d'être perceptible; l'abaissement de température s'accroît. Ces caractères, joints à l'aspect terne des yeux, à une décomposition profonde des traits de la face, à la résolution complète des membres, donnent au sujet éthérisé l'aspect d'un cadavre. La vie n'a cependant pas abandonné l'organisme, malgré ces symptômes alarmants.
Source : Gallica

Étienne Frédéric Bouisson Traité théorique et pratique de la méthode anesthésique appliquée à la chirurgie et aux différentes branches de l'art de guérir… (1850)

La sensibilité s'affaisse, se décompose dans ses modes, s'éteint partiellement, et l'intelligence survit ; étrange position qui permet à l'opéré d'assister à ses souffrances sans subir ce qu'elles ont d'aigu. Si quelque preuve peut démontrer l'indépendance du moi, c'est assurément celle qui nous est fournie par les individus éthérisés chez lesquels les facultés intellectuelles résistent ainsi à l'action des agents anesthésiques. La sensibilité qui unit la vie et l'intelligence s'affaiblit ou s'efface; la vie persiste, l'intelligence se maintient et le lien disparaît.
Source : Gallica

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