“ Car, de deux choses l’une : ou une existence agréable, c’est-à-dire la volupté, est un mal, ou elle est un bien. Si elle est un mal, non seulement l’on ne doit pas aider ses semblables à en jouir, mais encore on doit la leur enlever comme une chose dangereuse et criminelle. Si elle est un bien, l’on peut et l’on doit la procurer à soi comme aux autres. Pourquoi aurions-nous donc moins de compassion pour nous que pour autrui ? La nature qui nous inspire la charité pour nos frères, ne nous commande pas d’être cruels et sans pitié pour nous-mêmes. ”
Thomas More
Élements biographiques
Thomas More, humaniste, théologien et philosophe anglais du XVIe siècle, est célèbre pour son œuvre L’Utopie, dans laquelle il critique les structures sociales à travers un idéalisme utopique.
Son parcours, marqué par une confrontation acharnée avec la rupture religieuse d’Henri VIII et sa mort en martyr, révèle une pensée profondément ancrée dans l’humanisme et la défense de la conscience morale. Canonisé saint par l’Église catholique, More incarne l’antinomie entre le pouvoir temporel et la vérité spirituelle, thème central de son œuvre et de sa vie.
Citations de Thomas More
“ Le faire disparaître est pour eux un crime capital, ainsi que franchir la frontière et parler avec les esclaves d’une autre province. Le simple projet de fuir n’est pas moins dangereux que la fuite elle-même. Pour avoir trempé dans un pareil complot, l’esclave perd la vie, l’homme libre, la liberté. Bien plus, la loi décerne des récompenses au dénonciateur ; elle lui accorde de l’argent, s’il est libre ; la liberté, s’il est esclave ; l’impunité, s’il était complice, afin que le malfaiteur ne trouve pas plus de sûreté à persévérer dans un mauvais dessein qu’à s’en repentir. ”
“ Est-il juste qu’un noble, un orfèvre, un usurier, un homme qui ne produit rien, ou qui ne produit que des objets de luxe inutiles à l’état, est-il juste que ceux-là mènent une vie délicate et splendide au sein de l’oisiveté ou d’occupations frivoles ? tandis que le manœuvre, le charretier, l’artisan, le laboureur, vivent dans une noire misère, se procurant à peine la plus chétive nourriture. Ces derniers, cependant, sont attachés à un travail si long et si pénible, que les bêtes de somme le supporteraient à peine, si nécessaire que pas une seule société ne pourrait subsister un an sans lui. ”
