Henry Bataille,
Théâtre complet
“ Ah ! la mort !... Sais-tu, toi, ce que c’est que cette épouvante, cette petite crispation quotidienne : la peur de mourir avant d’avoir atteint le but de toute une vieillesse ?... Ce frisson de tous les soirs au lit, en soufflant la bougie : « Demain, il sera seul, peut-être... » et le soupir du matin : « Dieu merci, encore un jour !... » Cette espèce de souffle froid à la nuque qui vous suit partout, et vous fait presser le pas, de porte en porte... Non, je n’ai pas le temps de m’attarder à de jolis petits scrupules, et des minauderies... Je te montre mon cœur à nu maintenant, petite ?... ”
