“ L’intelligence vous est prêtée pour un temps, comme la force et la jeunesse, comme l’air et le soleil. Prenez-en votre part ; ce qui pense aujourd’hui en vous, pensera demain dans d’autres. Rien n’est à vous et vous n’êtes rien, que des formes changeantes et passagères, comme les vagues de l’océan, qui ont sur vous l’avantage de ne pas se croire quelque chose. Moi. Ainsi pour vous l’individu n’existe pas ; il n’y a que le genre humain, qui est la nature, se connaissant elle-même, la conscience de Dieu ? Lui. Ne prononcez pas ce nom, je vous prie. Moi. Diable ! ”
Louis Ménard
Résumé
Pages choisies, de Louis Ménard, explore les intersections entre religion, mythologie et morale à travers des réflexions philosophiques. L’œuvre interroge la nature du divin, la chute humaine et la quête de l’apothéose, en s’appuyant sur des symboles comme celui de l’Homme-Dieu ou de la Vierge immaculée.
Les citations révèlent un dialogue entre le sacré et l’humain, où le sacrifice, la pureté et le désir se heurtent. Ménard mêle références grecques (Prométhée, Zeus) et chrétiennes, soulignant l’unité des vérités spirituelles. L’ouvrage, à la fois apologétique et critique, questionne l’individualisme moderne et la décadence des symboles anciens.
Citations de Pages choisies (Louis Ménard)
Louis Ménard,
Pages choisies
(1902)
“ Quand même on prouverait que Jésus n'a pas existé, l'idéal divin que l'Occident adore depuis dix neuf cents ans sous le nom de Christ n'en serait pas moins un Dieu. Ce que l'on adore dans l'Homme-Dieu, c'est la plus haute manifestation de la vertu de l'homme, le sacrifice de soi-même. Il est né d'une vierge, car la pureté immaculée de l'âme peut seule enfanter la vertu d'abnégation. « Autour du rédempteur, type idéal du sacrifice de soi-même, se déroule dans le ciel bleu de la conscience la chaîne lumineuse des vertus vivantes, la pureté des vierges et l'héroïsme des martyrs. » ”
“ Entre les lois éternelles dont l’accord produit l’ordre de l’univers, et que l’antiquité appelle les Dieux, l’homme a sa loi propre, qui est la morale. Le devoir est sa religion ; car, en faisant ce qu’il doit, l’homme se relie à l’ensemble des choses. Ce qui doit être étant la règle de ce qui est, les chrétiens ont eu raison de dire, après les philosophes, que la loi de justice qui règne au delà du monde visible, le Dieu intérieur que chacun porte en soi, est le seul dieu que l’homme doive adorer. ”
