Résumé

Portrait de Benjamin Constant Benjamin Constant Du polythéisme romain considéré dans ses rapports avec la philosophie grecque et la religion… (1833)

Sans doute le panthéisme n'est dans le fond pas plus favorable au Polythéisme. Mais il a cet avantage aux yeux du sacerdoce, qu'il ne peut pas devenir une religion ; il n'est fait que pour les esprits philosophiques. Par-là même il tolère plus facilement que le théisme les formes polythéistiques, et il y a quelque chose de séduisant, pour l'imagination et la vanité, à permettre au peuple de diviniser et d'adorer les diverses parties du grand tout, que le sage reconnaît comme seule divinité ou plutôt seule substance. Le théisme, au contraire, est pour le Polythéisme un ennemi irréconciliable.
Source : Gallica

Portrait de Benjamin Constant Benjamin Constant Du polythéisme romain considéré dans ses rapports avec la philosophie grecque et la religion… (1833)

La religion, telle que nous avons tâché de la faire concevoir, assure à l'homme le même asile, en lui conservant ces émotions inséparables de sa nature, et qui font le charme et la consolation de sa vie. La morale n'est à la merci, ni des législateurs qui parlent au nom du ciel, ni de ceux qui commandent à la terre. L'homme est indépendant de tout ce qui pourrait froisser et pervertir la plus noble, ou pour mieux dire la seule noble partie de lui-même : mais il jouit de cette indépendance, sous l'égide d'un Dieu qui le comprend, l'approuve et l'estime.
Source : Gallica

Portrait de Benjamin Constant Benjamin Constant Du polythéisme romain considéré dans ses rapports avec la philosophie grecque et la religion… (1833)

Je n'étendrai pas cette justification jusqu'aux sectateurs d'Aristippe. Ceux ci s'écartèrent fréquemment des lois de la morale, comme des dogmes de la religion. Théodore niait non-seulement l'existence des Dieux, mais celle de la vertu. Il réduisait tout à l'égoïsme le plus grossier. Le sage, disait-il, ne doit rien à la patrie ; il n'est lié par aucune loi, il n'y a pour lui que deux espèces d'actions, celles qui lui sont utiles, celles qui peuvent lui nuire. Le sacrifice de lui-même est toujours absurde. Le châtiment, seul constitue la faute. Tout ce qui est impuni, est légitime.
Source : Gallica

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