Émile Zola

Émile Zola

Résumé

Portrait de Émile Zola Émile Zola Naïs Micoulin

Estelle avait découvert une mare plantée de longues herbes, souples comme des cheveux, et elle y prenait des crevettes énormes, s’ouvrant un sillon, laissant derrière elle la trouée d’un faucheur. Elle se débattait, elle ne voulait pas qu’on l’arrachât de là.
— Tant pis ! je m’en vais ! s’écria M. Chabre, qui avait des larmes dans la voix. Il n’y a pas de bon sens, nous allons tous y rester.
Il partit le premier, sondant avec désespoir la profondeur des trous, à l’aide du manche de son filet. Quand il fut à deux ou trois cents pas, Hector décida enfin Estelle à le suivre.
Source : Wikisource

Portrait de Émile Zola Émile Zola Naïs Micoulin (1884)

Le phare de Planier luisait. Nais, en le regardant, s'endormit sur l'épaule de Frédéric. Celui-ci ne remua plus ; et peu à peu il céda lui-même à la fatigue, ses yeux se fermèrent. Tous deux, aux bras l'un de l'autre, mêlaient leurs haleines.
Aucun bruit, on n'entendait que la chanson aigre des sauterelles vertes. La mer dormait comme les amants. Alors, une forme noire sortit de l'ombre et s'approcha. C'était Micoulin, qui,
réveillé par le craquement d'une fenêtre, n'avait pas trouvé Naïs dans sa chambre.
Source : Gallica

Portrait de Émile Zola Émile Zola Naïs Micoulin

Estelle ne répondit pas. Un grand jeune homme, d’une vingtaine d’années, sortait de l’église, en donnant le bras à une vieille dame. Il était très blanc de peau, la mine fière, les cheveux d’un blond fauve. On aurait dit un géant, aux épaules larges, aux membres déjà bossués de muscles, et si tendre, si délicat pourtant, qu’il avait la figure rose d’une jeune fille, sans un poil aux joues. Comme Estelle le regardait fixement, surprise de sa grande beauté, il tourna la tête, la regarda une seconde, et rougit.
— Tiens ! murmura M. Chabre, en voilà un au moins qui a une figure humaine.
Source : Wikisource

Chaque jour avec Kwize, l'actualité mise en perspective par la littérature