Émile Zola,
La Fortune des Rougon
(1871)
“ Quant à Pierre Rougon, il avait pris du ventre ; il était devenu un très-respectable bourgeois, auquel il ne manquait que de grosses rentes pour paraître tout à fait digne. Sa face empâtée et blafarde, sa lourdeur, son air assoupi, semblaient suer l’argent. Il avait entendu dire un jour à un paysan qui ne le connaissait pas : « C’est quelque richard, ce gros-là ; allez, il n’est pas inquiet de son dîner ! » réflexion qui l’avait frappé au cœur, car il regardait comme une atroce moquerie d’être resté un pauvre diable, tout en prenant la graisse et la gravité satisfaite d’un millionnaire. ”

