“ À gauche, on distinguait jusqu’aux moindres touffes de pins, parmi les écroulements sanglants des rochers de la Seille ; tandis que, vers la droite, après les coteaux de Sainte-Marthe, la vallée de la Viorne s’étalait à l’infini, dans le poudroiement d’or du couchant. Elle regarda un instant la tour de Saint-Saturnin, toute en or elle aussi, dominant la ville rose ; et elle se retirait, lorsqu’un spectacle la ramena, la retint, accoudée, longtemps encore. C’était, au-delà de la ligne du chemin de fer, un grouillement de foule, qui se pressait dans l’ancien Jeu de Mail. ”
Viorne
Définition et enjeux
Citations sur “Viorne”
Jean Rambosson, Histoire et légendes des plantes utiles et curieuses… (1871)
“ La viorne, ou boule de neige, est un arbrisseau aux rameaux très-flexibles, aux fleurs blanches ou légèrement rosées, qui s'épanouissent en abondance au mois de mai, et contrastent agréablement par leur blancheur avec les autres fleurs de nos jardins. On distingue plusieurs espèces de viornes : la principale, la viorne aubiercroît dans les forêts et les prés humides ; son bois est blanc ; ses feuilles, un peu velues en dessous, sont divisées en trois lobes aigus; ses fleurs, blanches, sont réunies en une vaste ombelle plane ”
Georges Laisney, Du raz Blanchard aux vaux de Vire (1937)
“ Et quelle charmante façon d'apprendre la géographie! Ainsi la Vire — je la choisis pour son nom si harmonieux — me mènerait de la baie des Weys en Cotentin jusqu'au cœur même du Bocage normand. Je suivrais volontiers ses rives verdoyantes. Ferais-je escale à Saint-Lô ? Juste le temps de visiter la jolie ville calme et songeuse. J'emporterais pour guide le curieux récit d'un voyageur anglais, le Révérend Dibdin qui, vers 1820, visita Coutances, Granville, Saint-Lô, Vire et qui écrivit sur ces aimables villes des choses si savoureuses. ”
Jean-François André, Histoire de saint Véran : anachorète à Vaucluse… (1858)
“ Sur le bord du chemin qui conduit à la mystérieuse fontaine, là où commencent ces masses granitiques qui l'enclosent, les vieillards comme les enfants vous montrent une caverne devant laquelle un bel olivier s'épanouit au soleil. Cette caverne s'appelle dans le pays le trou du coulobré. Eh bien, c'est là le théâtre du plus éclatant miracle du saint solitaire de Vaucluse. L'imagination populaire en fut tellement frappée, que le peuple en a énergiquement transmis le souvenir de génération en génération, en déterminant par une appellation précise, en localisant le bienfait de S. Véran. ”
Tallemant des Réaux, Les historiettes de Tallemant des Réaux…
“ Enfin il s'en alla à Bordeaux, où il épousa une fille du président de La Lane, veuve d'un vicomte d'Oreillan, de bonne maison du Limousin. Lui acheta la charge de lieutenant-général, et prit le nom de Virelade: c'est une terre. Sa femme est fort laide et fort fardée, le méprise fort, et le fait fort cocu. Cet été, elle étoit à Paris publiquement logée avec un La Nogarède, son galant: elle se mêla de jouer, et perdit ce qu'elle avoit. Virelade, au bout d'un an et plus, vint à Paris, autant pour affaire que pour cela: or, dans l'auberge où il logeoit, il y avoit bien de la jeune noblesse. ”
Guide du voyageur à Grenoble, dans ses environs et aux eaux thermales… (1845)
“ Deux routes principales conduisent de Voreppe à la Chartreuse ; l'une remonte le torrent de Roize, l'autre fait le tour par Voiron; celle-ci est la plus belle, et, d'ailleurs, elle donne l'occasion de voir les beaux paysages qui s'étalent sous les rampes de la Buisse, la jolie ville de Voiron et les gorges du Crossey-, qui sont comme la préface d'un livre, si ce livre est la Chartreuse. Voiron est bâti dans une jolie position ; on y remarque une belle place ornée d'une fontaine dont l'ensemble est bien, mais dont les détails ne souffrent pas l'examen. Cette ville compte près de 8,000 âmes ”
Ph. Thomas-Lefebvre, Musée littéraire et scientifique de l'école et de la famille… (1859-1873)
“ Vire est une charmante petite ville située au milieu du Bocage 1, dont elle est la capitale. Un géographe nous dit dédaigneusement : « Je n'ai rien vu à Vire qui méritât d'être noté; » mais un grand souvenir s'y rattache : c'est là que naquit L'agréable indiscret qui, conduit par le chant, Passe de bouche en bouche, et s'accroît en marchant. le vaudeville enfin, dont le père fut, dit-on, Olivier Basselin, né à Vire Vers la fin du quatorzième siècle. ”
Armand Grébauval,
Voyages en tous pays. Au Pays alpin…
(1903)
“ Voiron , qu' une bulle de Pascal II ne put partager jadis entre l' archevêque de Valence et l' évêque de Grenoble , que ses châtelains menèrent contre la volonté du pape et l' appétit des comtes de Savoie , que le Dauphiné ne s' annexa qu' après s' être donné lui-même à la France , Voiron est sorti de l' épreuve plus vivant , plus personnel encore . Pour le quitter , la ligne de Saint-Béron , collée au P. - L. - M., accomplit une boucle , passe par-dessus l' autre , puis gagne les hauteurs verdoyantes . ”
William Morton Fullerton,
Au seuil de la Provence : le Rhône cévénol
(1923)
“ Nous trouvons dans le nom de l'ancienne province, le Vivarais, comme un écho de leur prestige. Ils régnèrent dans la montagne, et le long du fleuve presque jusqu'à Tournon. Ils avaient une forte armée et ils battaient monnaie. Le rythme architectonique qui caractérise les belles tours de l'abbaye-église de Cruas témoigne de l'ampleur et de la distinction de leurs pensées. De cette plate-forme du rocher de Viviers le regard porte loin. Viviers offre un point de vue rare. C'est un belvédère d'où l'on peut facilement s'orienter dans l'espace et dans le temps. ”
Georges Laisney, Du raz Blanchard aux vaux de Vire (1937)
“ Vire domine du haut d'un éperon de granit — ce pays est le pays du granit et c'est Vire qui a fourni la dalle sous laquelle repose le soldat inconnu — un des paysages les plus enchanteurs qui soient : vallées verdoyantes où la Vire et la Virène mènent leurs tendres méandres, blanches routes, prairies humides et grasses, cascades murmurantes, vergers, rochers, bois en bouquets, voici toute la grâce et, ensemble, toute la farouche beauté de cette Normandie si riche et si diverse. ”
“ Le soleil s’est couché dans un trou de ciel rouge. Du haut de l’immense terrasse, l’ampleur magnifique des choses s’est encore exaltée. La nuit a glissé sur elles comme un voile qui se déroule... Et une rumeur confuse monte... On dirait d’un halètement continu, le souffle colossal de la terre. Le château de Virieu. Quelle idée baroque me traverse la tête ? À la lueur des étoiles, je vais gravir une diablesse de côte pelée qui se dresse là, tout proche. Et en avant ! avec des airs d’alpiniste, sur les cailloux pointus dévalant à chaque pas. ”
Paul Féval, La Forêt de Rennes
“ Le lendemain matin, le paysage a changé : c’est Vitré, la gothique momie, qui penche ses maisons noires et les ruines chevelues de son château sur la pente roide d’une abrupte colline ; ce sont de vastes prairies plantées çà et là de saules et d’oseraies où la Vilaine plie et replie en mille fantasques détours son étroit ruban d’azur. ”
Jean-François André, Histoire de saint Véran : anachorète à Vaucluse… (1858)
“ Par une chaîne appuyée sur son bras, le saint tient le monstre symbolique, à la tête et au corps d'un tigre, aux membranes aiguës, à la queue hérissée. Il prie, les mains jointes, la Vierge Marie, qui, portant son Fils enfant, paraît sur un nuage dominant le village de Vaucluse au milieu des rochers. L'antique château apparaît tel qu'il devait être avant qu'il ne fût qu'une ruine pittoresque. Une haute tour flanque son mur du côté de la fontaine (1) .L'attribut du dragon que la peinture, la sculpture, la gravure et la tradition écrite donnent à S. Véran, a un sens. ”
“ Voiron, protégée par la Grande-Sure et les rochers de Chalves, qui se haussent derrière elle en paravents. Voiron, largement ouverte sur le Midi, retenant d’un seul regard toute la vallée de l’Isère. Voiron, tête de ligne du chemin de fer de Saint-Béron, aux portes de Chartreuse, à travers l’ensauvagement des gorges du Crossey et de Chailles. Voiron, où vinrent au monde l’historien Claude Expilly, le général Rambeaud, tué au siège de Saint-Jean-d’Acre, le maréchal Dode de la Brunerie... Voiron grandit chaque jour. ”
Abbé Patricot, Vie de Monsieur Eugène Poncet… (1885)
“ Voronum oppidum, apud Allobroges, Gratianopoli distans très leucas, vix alio loco cedit, vel aeris clemelltiâ, vel soli amœnitate atque ubertate, sive virorum frequentiâ. La ville forte de Voiron, distante de Grenoble de trois lieues, le cède à peine à un autre endroit, soit pour la douceur de l'air, soit pour la fertilité et l'aménité du sol, soit par le grand nombre d'hommes célèbres qu'elle a produits. ”
Charles de La Varenne,
La Comtesse de Marciac, ou la Restauration de Henri IV, par M. Charles de La Varenne
(1853)
“ Plusieurs fois La Varenne résolut, par un franc aveu, de révéler à la jeune femme son personnage réel, les motifs de son attachement indissoluble à la cause de Henri de Navarre; de lui confier sur l'honneur, le secret de sa mission, les périls qu'il allait courir, afin d'avoir le droit de la supplier qu'elle attendît son retour et d'implorer ses voeux pour une entreprise de laquelle dépendait tout son avenir ”
Jean-François André, Histoire de saint Véran : anachorète à Vaucluse… (1858)
“ Depuis plus de vingt ans, Véran sanctifiait l'Eglise de Cavaillon, défendait, dans la Gaule tout entière, les intérêts de la religion et de la société gravement compromis dans cette époque barbare. L'heure des récompenses était arrivée pour ce bon et fidèle serviteur. Malgré son grand âge et ses infirmités, il ne se dispensa pas d'un devoir qui ne pouvait que lui être pénible, et il voulut mourir en évêque en combattant les grands combats du Seigneur. ”
Léon de Villeran, Le marchepied. Tome 2 (1833)
“ Toute petite, il l'avait emmenée avec lui au milieu des combats, et après la défaite, comme après la victoire, il l'enveloppait dans son grand manteau de drap de Flandre et fuyait avec elle, ou courait avec elle partager le butin ; puis, pendant la paix, il la ramenait dans sa jolie maisonnette bâtie au bord d'un clair ruisseau, et peu éloignée de la ville de Dijon; là, il lui racontait ses combats et ses aventures, ou lui chantait des lais de gloire et d'amour ”
Eugène-Melchior de Vogüé,
Revue des Deux Mondes
“ Au cours des années récentes, les voies ferrées ont commencé de mordre sur les vallées basses qui descendent au Rhône ; le labyrinthe central leur résiste ; dans les vénérables pataches qui en gravissent les lacets, on ne vit jamais un Anglais, et le Parisien y est encore un animal rare, dévisagé avec une juste défiance. Ce petit pays est si peu connu qu’il ne sera pas inutile de le situer exactement dans l’esprit du lecteur. Le Vivarais, qui tirait son nom de Viviers, sa ville épiscopale, forme aujourd’hui le département de l’Ardèche. ”
Charles de La Varenne,
La Comtesse de Marciac, ou la Restauration de Henri IV, par M. Charles de La Varenne
(1853)
“ Henri secoua la tête avec mauvaise humeur. — Oui, dit le vieux gentilhomme qui comprit ce mouvement ; — La Varenne avait vos pleins pouvoirs pour traiter, n'est-ce pas, sire? — Eh, voilà ce qui double encore mon impatience, fit Henri. — Si ces loups cerviers m'ont vendu Paris, sais-je à quelles conditions écrasantes! — Dois-je même en croire sur ce point l'exaltation de mes fidèles? ajouta le pauvre roi, en se tournant vers la place d'où partaient tant de cris joyeux ; — un je ne sais quoi me souffle que ces braves gens sont abusés par quelque nouvelle mensongère. ”
Eugène Hiron, Notice biographique sur M. l'abbé Véron… (1867)
“ Condamné au repos, M. Véron sut l'employer d'une manière utile. Il vint à Paris; là il suivit les cours publics de diverses facultés où il reçut ses grades, et prit en même temps une part active à toutes les œuvres de propagande, de zèle et de charité. Dans ces pieuses occupations, sa vocation loin de se perdre ne fit que s'affermir; aussi en 1838, sa santé s'étant fortifiée, il songea à reprendre ses études de théologie. * Il se rendit dans ce but à Rome, en même temps que Monseigneur de la Bouillerie, et se fit inscrire parmi les élèves du Collége Romain. ”
Charles de La Varenne,
La Comtesse de Marciac, ou la Restauration de Henri IV, par M. Charles de La Varenne
(1853)
“ Soudain, au détour d'un coude où la route surplombait, dominant toute la vallée inférieure que la petite troupe venait de parcourir, La Varenne, tournant la tète, distingua au-dessous de lui, galopant à toute force à peutêtre un tiers de lieue, cinq cavaliers qui sans doute, au même moment, aperçurent aussi les fugitifs, car ils parurent avoir reçu aussitôt un nouvel élan. — Job ! en avant ! — dit le jeune homme d'une voix brève ; — nous sommes gagnés. — L'écuyer fronça les sourcils, et enfonça ses talons dans le ventre de sa monture qui en deux bonds regagna La Varenne. ”
Horace de Viel-Castel,
Archambaud de Comborn, par le Cte Horace de Viel-Castel
(1845)
“ C'est à peine si je puis entrevoir le bout de votre nez sous l'énorme bonnet de feutre dont les bords tombent jusqu'à votre collet. Non, non, ami Bernard, si le givre a gercé mes lèvres et desséché mon gosier, je n'ai trouvé personne pour le rafraîchir ; des pics du Saillant aux coteaux de Brive, le pays est si ruiné et si désert, qu'on n'y aperçoit pas une figure humaine; Saint-Viance seul est encore debout parmi toutes les ruines qui couvrent la plaine ; mais Saint-Viance, dans la crainte d'une surprise, ne laisse aucun voyageur entrer dans ses murs. ”
Joseph-Napoléon Ney, Souvenirs et récits, par le Pce de la Moskowa… (1855)
“ Vivonne cherchait à se relever, mais en vain; il lui était désormais impossible de quitter la place. Jarnac, le laissant étendu sur la terre, s'avance vers la tribune royale, lève sa Visière, et, mettant un genou en terre : « Sire, dit-il, je vous supplie que je sois si heureux que vous m'estimiez homme de bien ; je vous donne La Chasteigneraye : prenezle, sire, et que mon honneur me soit rendu; ce ne sont que nos jeunesses qui sont cause de tout cecy ; qu'il n'en soit rien imputé à lui, ny aux siens aussi pour sa faute, sire, car je vous, le donne. » Le roi garde le silence. ”
Henri Duclos,
Voyage à travers les malentendus…
(1891)
“ Saint - Girons est un ravissant pays . Une grande nature a été notre maternelle initiatrice , et a parlé de l' infini à nos jeunes imaginations . Enclavée entre l' ancien comté de Comminge et l' ancien comté de Foix , la ville de Saint-Girons , qui était une partie intégrante du Cousérans ou Consérans ( du latin Conserrani ou Consorrani , mot qui semble indiquer une confédération ) , se trouve , en effet , admirablement située aux derniers contre-forts des Pyrénées , à égale distance des deux mers , entre le bassin de l' Ariége et celui de la Garonne . ”
Eugène Hiron, Notice biographique sur M. l'abbé Véron… (1867)
“ C'était, afin par là de prévenir à Paris le renouvellement de ces visites, puis d'empêcher qu'en province, dans les autres diocèses, on ne fut tenté de suivre sous ce rapport l'exemple de Paris. Toutefois, M. Véron ne fut par là nullement distrait de sa mission ; on ne recule, en effet, et on ne s'arrête que lorsque l'on a tort ou lorsque l'on a peur : or, M. Véron avait raison, et il n'avait point peur. ”
Eugène Goblet d'Alviella,
Partie perdue
(1877)
“ Au moment où commence cette histoire, la famille Vireilles était représentée par le comte Henri et sa jeune épouse. A vingt-neuf ans, le comte Henri de Vireilles possédait cent mille livres de rente en biens-fonds, une santé de fer, une femme charmante qu'il adorait et qui le payait de retour, un siège à la Chambre des représentants, enfin, une réputation de talent et d'éloquence aussi légitime que précoce, en un mot, toutes les satisfactions que peuvent offrir de nos jours le luxe, l'amour et l'ambition, ces trois grands mobiles de la vie humaine. ”
Jules Claretie,
Voyages d'un Parisien, par Jules Claretie…
(1865)
“ Ce n' est pas à son épée sans doute qu' on a élevé cette statue , c' est à son âme . De Grenoble on se rend à Voiron où l' on prend la diligence qui doit vous conduire à la Grande-Chartreuse . Voiron est une petite ville , très-coquette , très-séduisante et très-riche , qui affecte les allures d' une cité suisse . Une grande place , avec une fontaine au milieu , des maisons en amphithéâtre encadrées dans des montagnes couvertes de sapins : on se croirait à Neufchâtel . ”
Charles de La Varenne,
La Comtesse de Marciac, ou la Restauration de Henri IV, par M. Charles de La Varenne
(1853)
“ Enfin, vers les quatre heures de l'après-midi, La Varenne et ses deux compagnons ne purent contenir une exclamation de soulagement en apercevant devant eux, au sortir de Huarte, gros bourg peu éloigné de Pampelune qu'ils venaient de laisser sur leur gauche, les premières ondulations des Pyrénées, desquelles ils découvraient, depuis le matin même, les pics plus rapprochés, dorés par un soleil resplendissant, et dans le lointain, les hautes cimes blanchies par les neiges éternelles. ”
