Gustave Flaubert

Gustave Flaubert

Résumé

Portrait de Gustave Flaubert Gustave Flaubert La Danse des Morts

Le ciel, je l’ai rêvé dans l’amour.
6 Et il me semble que je vais être plus pleine de délices et de parfums ; il me semble que l’harmonie va entrer dans mon âme et que j’entendrai, à la place de mon cœur qui battait, des anges qui prient et des voix qui chantent.
7 Oh ! oui ! c’est le ciel, tout cela, je le vois là-bas, bien loin, comme un soleil plus grand que l’autre ; le voyez-vous, mes sœurs ?
— Non, hélas !
— C’est que le poète voit le ciel à travers les astres et le bonheur dans l’immensité. Entendez-vous les chœurs sacrés qui résonnent ?
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Portrait de Gustave Flaubert Gustave Flaubert La Danse des Morts

Il pourra, tout le jour, toute la nuit, pendant tous les siècles, errer au gré de son caprice, franchir d’un bond depuis l’Atlas jusqu’à l’Himalaya, courir, dans son orgueilleuse paresse, depuis le ciel jusqu’à la terre, s’amuser à troubler la poussière des empires écroulés, courir dans les plaines de l’océan desséché, bondir sur la cendre des grandes villes, humer le néant à pleine poitrine, s’y étaler et y bondir à l’aise.
Et puis, lassé peut-être comme moi, cherchant un précipice où te jeter, tu viendras, haletant, t’abattre au bout de ta course devant l’océan de l’infini
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Portrait de Gustave Flaubert Gustave Flaubert La Danse des Morts

Je me perdrai dans la course errante du monde.
Je m’égarerai dans de vaporeuses et mystiques rêveries.
Comme le matelot, je m’abandonnerai au vaste océan du désespoir et j‘appellerai comme lui une mort lente à venir.
J’ai pris l’âme, j’ai effeuillé fleur a fleur tout le parfum qu’on y respire ; il ne me reste plus qu’à pleurer au soleil couchant, en voyant le ciel pâlir et l’automne rentrer dans son linceul d’hiver.
Je n’ai ni femme qui m’aime, ni mère, ni famille ; le poète est orphelin.
C’est un monde que lui-même, il emporte tout dans la tombe.
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