Résumé

N Ebrard Du suicide, considéré aux points de vue médical… (1870)

Où s'arrêtera cet appétit du meurtre de soi, cette passion de la destruction ? Quand cessera cette soif étrange de la mort et du tombeau, qui travaille aujourd'hui tant de malheureuses victimes du plus fanatique des préjugés, ou de la plus déplorable perturbation intellectuelle, affective ou morale?
Tout ce qu'on peut affirmer, c'est que le suicide est regardé comme un fait inhérent, pour ainsi dire, à l'humanité même, dont les causes tiennent si profondément aux racines du coeur de l'homme et de l'état social, qu'elles ne sauraient être coupées par une main humaine.
Source : Gallica

N Ebrard Du suicide, considéré aux points de vue médical… (1870)

L'homme enseigné par l'homme seul demeure dans le désert de son esprit ; l'homme conduit par l'homme seul, erre dans le désert de son âme. L'homme n'est que délaissement et solitude, tant qu'il n'est pas réconcilié avec l'infini ; ses tristesses sont sans témoin et sa plainte expire. Cette âme fatiguée, cette âme où l'ennui, le doute et le dégoût de la vie, torrents d'amertume, ont creusé comme un lit de souffrances, vous dira mieux que nous ce que l'homme peut pour le salut ou la guérison de son semblable.
Source : Gallica

N Ebrard Du suicide, considéré aux points de vue médical… (1870)

Aussi on peut se demander aujourd'hui où est le feu sacré? où sont les aspirations nobles et les saintes émotions? où est l'amour des grandes choses et des idées généreuses ? Plus de spontanéité et d'élévation dans les sentiments, plus de sérieux dans les caractères ! l'âme a perdu ses ailes, le coeur ses enthousiasmes. A toutes les gloires, à tous les parfums de la vie, ce siècle flétri a substitué les froids calculs de l'égoïsme, la soif des plaisirs vils, et l'adoration du veau d'or. Dans son stérile orgueil, il n'a conquis que le désespoir, embrassé que la mort, enfanté que le néant.
Source : Gallica

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