Résumé

Paul Moriaud Du délit nécessaire et de l'état de nécessité (1889)

La nécessité sociale du respect du droit est donc la source commune de la légitime défense et de la peine ; c'est pour cela qu'on n'a jamais nié le droit de l'Etat à punir, le droit de l'individu à se défendre contre une injuste agression. On n'en peut dire autant de l'acte nécessaire proprement dit: ce n'est pas aux dépens de celui qui va causer injustement sa perte qu'il sauve un bien, c'est aux dépens d'un innocent. Nous avons donc raison de le distinguer absolument de l'acte de légitime défense.
Source : Gallica

Paul Moriaud Du délit nécessaire et de l'état de nécessité (1889)

Nous pouvons ne pas manger et nous laisser mourir de faim ; mais ce sacrifice de la vie apparaît si absurde dans l'ordre naturel des choses que nous parlons de la nécessité de manger comme d'une nécessité absolue, sans faire entendre qu'elle dépend de la volonté de vivre. En qualifiant un acte de « nécessaire » — et de même par l'emploi des mots « il faut » — nous voulons seulement dire qu'il est commandé par une raison majeure, qu'il faut y recourir pour assurer un résultat que, par motif d'intérêt ou autre, nous jugeons devoir assurer.
Source : Gallica

Paul Moriaud Du délit nécessaire et de l'état de nécessité (1889)

Ce n'est que lorsque l'intérêt individuel de l'agent est seul en jeu, c'est-à-dire en cas d'égalité des biens en conflit — sauf les cas de devoir— que la faute doit être prise en considération. La loi peut alors exiger que l'individu se soumette au mal qu'il a amené par sa faute; le motif de justification disparaît : ce n'est que parce que le mal qui le menace a été pour lui inévitable, que la loi ne demande pas qu'il s'y résigne plutôt que de causer à autrui un mal égal ; elle ne veut pas protéger l'un aux dépens de l'autre.
Source : Gallica

Chaque jour avec Kwize, l'actualité mise en perspective par la littérature