Julien Paillet, Les Athénéennes : choix de poésies (1836)
“ Le peuple voit sa faute, il la sent, il la blâme, Le regret, la pitié se glissent dans son âme. Le peuple fut toujours promptà se courroucer, Colère qu'un instant voit naître et s'effacer. Des larmes ont déjà mouillé quelques paupières, Bientôt pour Miltiade on joindra ses prières; Mais sur lui s'est fermé son cachot ténébreux , Et ses juges muets se regardent entre eux. Un air humide et froid, les chagrins qu'il endure Bientôt de Miltiade aigrissent la blessure. Contre sa dernière heure il n'a point murmuré ; A la mort son grand cœur n'est-il point préparé ? ”
