A. de La Tour du Pin

Résumé

A. de La Tour du Pin Revue des Deux Mondes

Pour nous, au contraire, les buissons cachent des fusils ennemis, et les ravins des embûches ; nos blessés, si nous ne les emportons avec nous, ne sont bientôt plus que des cadavres sans têtes. Il nous est donc impossible d’aborder les montagnes avec de la cavalerie sans infanterie : là en effet, les rochers, les ravins, les pentes abruptes, se mêlent et se pressent en un chaos inextricable ; c’est un semis d’innombrables postes fortifiés d’où les Kabaïles, s’ils n’y étaient attaqués et forcés par nos fantassins, tueraient un à un et à loisir tous nos cavaliers.
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A. de La Tour du Pin Revue des Deux Mondes

Aujourd’hui on sait qu’un pays est en insurrection plus tôt qu’on ne le voit. Quelque ambitieux ou fanatique parle de guerre ; on oblige par la violence en actes ou en menaces le chef nommé par la France à s’éloigner, et on le remplace par un partisan d’Abd-el-Kader ; on se réunit en conciliabules où se montrent quelques centaines d’hommes, et où l’on décide à l’unanimité que le voisin le plus faible est nécessairement ami des Français, ennemi de Dieu et de Mahomet, et justement passible de toute spoliation, exaction et vexation que de droit.
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A. de La Tour du Pin Revue des Deux Mondes

La France a un tempérament porté à l’irritation et à l’impatience ; son sang circule avec force et rapidité, et quelquefois il lui arrive de mesurer le temps, non aux régulières oscillations du grand pendule des siècles, mais aux pulsations de son cœur. Tout ce qui retarde sur son désir lui paraît retenu par quelque accident, par quelque désordre arrêtant la marche naturelle des choses. Lorsqu’on a vu en France que la guerre apparaissait de nouveau en Afrique, on n’a pas compris d’où elle pouvait tomber.
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