Résumé

Th. Jouffroy Revue des Deux Mondes

Tels sont les Kabaïles ; tels aussi, et plus certainement encore, sont les Arabes. Le fanatisme religieux, l’entraînement de la conquête, l’ivresse du triomphe, la nécessité de la résistance, rien n’a pu effacer, chez les Arabes de l’Algérie, l’instinct de leur race et les habitudes de leur patrie. À peine maîtresse de l’Afrique, l’armée qui les avait réunis, se dissout en tribus ; les tribus se divisent en factions : tribus et factions se font la guerre. Il n’y a pas un sultan, il y en a dix ; chaque coin, chaque ville de l’Algérie a le sien.
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Th. Jouffroy Revue des Deux Mondes

Parce qu’une force arabe ne peut jamais être que celle d’une ou de plusieurs tribus, et que son élévation excite nécessairement la jalousie de toutes les autres ; parce qu’en second lieu, étant arabe, elle n’impose pas ; parce qu’enfin cette force se personnifie toujours dans un homme, que cet homme ne peut être qu’un chef de tribu ou un marabout, et que dès-lors il a partout des égaux, qui sont blessés de sa puissance et qui n’épargnent rien pour la détruire. Abd-el-Kader s’aperçoit déjà de cette vérité, et le temps la lui démontrera complètement ainsi qu’à nous.
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Th. Jouffroy Revue des Deux Mondes

La soumission et la pacification de l’Algérie sont évidemment une des plus grandes affaires où une nation puisse s’engager ; il est possible qu’un demi-siècle n’en voie pas la fin ; il y faudra, chaque année, des hommes et des millions ; il y faudra plus que tout cela, une inébranlable résolution et un esprit de suite infatigable. À Dieu ne plaise que j’en conclue que l’instinct national a eu tort, et que la nécessité de lui obéir est un malheur ! Non, si les difficultés sont grandes, le but est plus grand encore, et il est digne d’un grand peuple d’affronter les unes pour atteindre l’autre.
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