Résumé

Portrait de Frédéric Ozanam Frédéric Ozanam Œuvres complètes de Frédéric Ozanam…

Selon moi, c’est là la gloire du christianisme de n’avoir plus voulu qu’on cherchât Dieu et l’âme ; le christianisme s’était donné au monde bien plus que le monde ne s’était donné à lui. Il ne permet plus qu’on retienne les générations loin de la lumière, il leur dit : « Le Christ est ici, n’allez pas plus loin. » En ôtant à l’homme cette incertitude, le christianisme lui rend sa liberté, brise la chaîne qui le retenait captif et l’empêchait de porter ses investigations, d’appliquer son ambitieuse ardeur jusqu’aux dernières limites du fini et de l’infini.
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Tout a conservé cette puissante empreinte théocratique, qui est celle de toutes les anciennes civilisations païennes : de même que Rome est souveraine chez elle, chaque père de famille est un dieu chez lui, génie envoyé pour un temps ici-bas. Sa volonté a tous les caractères de la loi, d’un destin irrésistible : elle n’admet point de limites et s’étend jusqu’au droit de vie et de mort sur tous ceux qui l’entourent : sur sa femme qu’il juge, sur son fils qu’il expose, sur son esclave qu’il tue.
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J’ai dit, déjà plus d’une fois, que le christianisme n’a point fait l’humanité, mais qu’il l’a refaite il ne crée pas, il transforme. L’homme existe, mais sous la loi de la chair ; la famille, mais sous la loi du plus fort la cité, mais sous la loi d’intérêt. Le christianisme réforme l’homme par la renaissance de l’esprit ; la famille, par le droit des faibles la cité, par la conscience publique. De même aussi il trouve dans les sociétés antiques des temples, des sacrifices, des prêtres : il ne les abolit pas, il les purifie ; le christianisme n’a rien aboli, il a tout régénéré.
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