“ Ceux qui adorent Sérapis sont chrétiens, et ceux qui se disent évêques chrétiens sont dévoués au culte de Sérapis. On n’y voit point de chef de synagogue juive, point de samaritain, point de prêtre chrétien qui ne soit mathématicien, aruspice ou alypte ; et le patriarche lui-même, quand il vient en Égypte, est contraint par les uns d’adorer Sérapis, et par les autres d’adorer Christ. Les Égyptiens sont séditieux, vains et portés à l’outrage ; leur ville est opulente, riche, industrieuse, et personne n’y vit dans l’oisiveté. ”
Sérapis
Définition et enjeux
Sérapis, divinité syncretique née de la fusion des traditions égyptiennes et grecques, incarne la rencontre entre cultes anciens et pratiques religieuses hellénistiques. Les sources mettent en évidence une approche diversifiée de ce dieu : l’Histoire Auguste souligne son rôle ambivalent dans les conflits religieux, tandis que Gaston Cougny insiste sur son importance archéologique à Memphis.
Anatole France le présente comme un symbole de grandeur païenne, et Étienne-Charles Brasseur de Bourbourg le place dans un contexte historique marqué par des conflits idéologiques. Ces perspectives, mêlant mythe, histoire et archéologie, révèlent la richesse du culte de Sérapis, qui associe les figures d’Osiris, Apis et Serapis, illustrant une synthèse culturelle exceptionnelle.
Citations sur “Sérapis”
Gaston Cougny, L'art antique : choix de lectures sur l'histoire de l'art… (1892-1893)
“ Mariette la lit, c'était une invocation à Osiris-Apis. Celui que les Grecs appelaient Sérapis. Aussitôt un passage de Strabon lui revint à la mémoire : le géographe grec, décrivant Memphis, a ces deux lignes : « On trouve à Memphis un temple de Sérapis dans un endroit tellement sablonneux, que les vents y amoncellent des amas de sable, sous lesquels nous vîmes les sphinx enterrés, les uns à moitié, les autres jusqu'à la tête. » Mariette tressaillit : il sentait sous ses pieds ce Sérapéum si longtemps et si vainement cherché par les archéologues. ”
“ Laissant à sa gauche les magnifiques portiques du temple de Sérapis, il s'engagea dans une voie bordée de riches demeures qui semblaient assoupies parmi les parfums. Là les pins, les érables, les térébinthes élevaient leur tête au-dessus des corniches rouges et des acrotères d'or. On voyait, par les portes entr'ouvertes, des statues d'airain dans des vestibules de marbre et des jets d'eau au milieu du feuillage. Aucun bruit ne troublait la paix de ces belles retraites. On entendait seulement le son lointain d'une flûte. ”
