Armand Morlaix

Résumé

Armand Morlaix Revue des Deux Mondes

L’OMBRE. Debout, Vengeance, si l’Amour a, comme autrefois, quelque pouvoir en enfer ! Hieronimo est ligué avec Lorenzo, et il intercepte tout passage à la justice. Debout, Vengeance, ou nous sommes perdus !
LA VENGEANCE. Rassure-toi, Andrea ; quoique je dorme, ma pensée tourmente leurs ames. Qu’il te suffise que le pauvre Hieronimo ne peut oublier son fils Horatio. Pour s’assoupir un peu, la Vengeance ne s’endort pas ; car la vigilance sait feindre le repos, et dans le monde le sommeil n’est souvent qu’un piége.
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Armand Morlaix Revue des Deux Mondes

Ma naissance, sans être basse, était bien au-dessous des distinctions prodiguées par la fortune à ma première jeunesse, car j’eus le bonheur de faire partager mon amour à une noble dame qui avait le doux nom de Bel-Imperia, et je la possédai en secret Mais, dans la moisson de mes joies, l’hiver de la mort vint détruire les fruits de mon bonheur, et me séparer de mon amour par un éternel divorce. Dans le dernier combat avec le Portugal, ma valeur me précipita dans la bouche du danger, jusqu’à ce que la vie ouvrît par mes blessures un passage à la mort.
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Armand Morlaix Revue des Deux Mondes

ANDREA. M’as-tu amené ici pour accroître ma peine ! J’espérais que Balthazar serait tué. Mais c’est mon ami Horatio qui est tué, et ils font violence à la charmante Bel-Imperia, que j’aimais mieux que le monde entier, parce qu’elle m’aimait mieux que tout le monde !
LA VENGEANCE. Tu parles de la moisson quand le blé est vert ; la fin est la couronne de toute œuvre bien faite ; la faucille ne vient pas avant que l’épi ne soit mûr. Patience ! avant que je ne t’emmène d’ici, je te montrerai Balthazar dans un mauvais cas.
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