Marie-Françoise Dumesnil

Élements biographiques

Marie-Françoise Dumesnil Mémoires de Mlle Dumesnil , en réponse aux mémoires d'Hippolyte Clairon… (1823)

Est-ce là une furie?
Dans la scène I de l'acte IV, Rodogune parle ainsi à Antiochus :
D'un père mort pour moi voyez le sort étrange ; Si vous me laissez libre, il faut que je le venge, Et mes feux dans mon âme ont beau s'en mutiner, Ce n'est qu'à ce prix seul que je puis me donner : Mais ce n'est pas de vous qu'il faut que je l'attende : Votre refus est juste autant que ma demande ; A force de respect votre feu s'est trahi, Je voudrais vous haïr s'il m'avait obéi, Et je n'estime pas l'honneur d'une vengeance, Jusqu'à vouloir d'un crime être la récompense.
Source : Gallica

Marie-Françoise Dumesnil Mémoires de Mlle Dumesnil , en réponse aux mémoires d'Hippolyte Clairon… (1823)

Personne n'ignore, Mlle Hippolyte, que les gens de lettres ont toujours partagé votre indignation contre le préjugé vandale qui vous séparait de vos concitoyens : ils n'ont cessé de vous défendre, de vous encourager, et vous n'avez cessé de les persécuter, de les outrager, de les dégrader, en voulant assimiler votre art subalterne au leur, et même quelquefois lui décerner la prééminence ; tandis que l'art théâtral est le seul de tous les arts qui ait le désavantage de ne laisser aucune trace, comme vous l'avez observé vous-même, l'artiste l'eûtil poussé au plus haut degré de perfection.
Source : Gallica

Marie-Françoise Dumesnil Mémoires de Mlle Dumesnil , en réponse aux mémoires d'Hippolyte Clairon… (1823)

Ce qui constitue essentiellement un acteur tragique, c'est le pathétique. La nature en avait doué Dumesnil avec autant de profusion que Voltaire : elle vous l'avait refusé en vous accordant toutes les ressources de l'art qui approchent le plus de la nature. Je m'expliquerai par deux exemples : quelques efforts que vous eussiez faits, jamais vous n'auriez été capable de faire sangloter les spectateurs, de déchirer leur âme, de leur faire verser des torrens de pleurs, comme Dumesnil dans les deux scènes d'Iphigénie, où elle était et où elle sera toujours inimitable.
Source : Gallica

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