Résumé

René Crevel Les Soeurs Brontë, filles du vent

Sœurs Brontë, de votre naissance à votre mort, vous n’avez connu d’autre réalité que celle de vos rêves impétueux. Or voici que vos existences, libres de toute anecdote, après bientôt un siècle, s’amplifient jusqu’à devenir symbole.
Le chien d’Emily mène le troupeau de vos cerfs volants, mais oui, des cerfs qui ne sont plus métaphoriques et volent, pour de vrai, pour de bon, parmi les nuages où l’enfant voit galoper le lion, le loup, la gazelle.
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René Crevel Les Soeurs Brontë, filles du vent

Hôte invisible, coureur dont nulle ombre n’alourdit les foulées, plus léger qu’un reflet, plus pur que le givre, s’il daigne prendre forme, il sera buisson de flammes glacées, fils du vent, comme les trois sœurs, ses sœurs, il sera prisme de tous les froids, bouquet de poissons cruels, petits couteaux devenus grands et qui frétillent à même les cœurs fraternels, les cœurs tout puissants qui leur ont prêté vie. Parce que leurs nageoires sont dentelles de fer, ils se battent mieux que les coqs.
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René Crevel Les Soeurs Brontë, filles du vent

Mais justement, nous aimons, nous louons les Brontë, parce que nous les avons imaginés dédaigneux de ces guenilles que les autres, à force de s’en déguiser, prennent pour les lambeaux de leur propre chair.
Patrick Branwell aime le whisky, le suc de pavot, avec la même imprudence qu’Emily le vent.
À Londres, les écrivains civilisés, Quincey, Coleridge, ont les mêmes goûts. Mais eux pèsent, dosent, car ils ne veulent pas mourir, fût-ce de leurs beaux, de leurs chers poisons.
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