Thomas De Quincey

Définition et enjeux

Comte G. de Contades Revue des Deux Mondes

Le Southey de la Joan of Arc n’était donc pas un poète, et nul ne devait le comprendre mieux que Thomas de Quincey.
La vision était, en effet, chez le mangeur d’opium, un essentiel besoin d’esprit et de corps. Il en chercha la satisfaction artificielle par les moyens que l’on sait, mais ce besoin était inné en lui. Chez certains individus, un instinct prépondérant, heureux ou néfaste, se manifeste dès les premières années. Ainsi, chez Thomas de Quincey, le goût, la passion des représentations intérieures.
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Comte G. de Contades Revue des Deux Mondes

Il n’est donc pas surprenant que Thomas de Quincey, quand il avait suffisamment exprimé en suspiria de profundis son incurable tristesse, ait eu le courage d’écrire, entre deux songes, des Prolegomena to all future Systems of Political economy. Labeurs déterminés, positifs, absorbans, empêchant de sentir, quand le rêve est clos, les misères de la vie réelle, anesthésiques puissans de la sensibilité de l’esprit !
L’histoire de Jeanne d’Arc apporta à Quincey un aliment pour ce double besoin : de quoi rêver et de quoi travailler.
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Est-ce la ténébreuse tentacule de vanité qui nous sert à aspirer avidement en nos héros toutes les bassesses de leur humanité ? Qui sait ? Les œuvres de Thomas de Quincey sont toutes pénétrées de cette passion. Il n’aima personne autant que Coleridge, mais révéla les manies de son poète préféré avec volupté. Il adora Wordsworth ; et en trois pages d’extase il montre le grand homme coupant un beau livre — qui ne lui appartient pas — avec un couteau souillé de beurre. Mais parmi les héros de Thomas de Quincey, sans contredit le premier fut Kant.
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