Marcel Schwob

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Résumé

Portrait de Marcel Schwob Marcel Schwob Écrits de jeunesse

Il ne serait pas plus rationnel de soutenir que Thespis, Phrynichos et Susarion sont les seuls prédécesseurs d’Eschyle et d’Aristophane. Nous sommes tellement habitués à faire d’Eschyle le premier degré du temple que Racine et Corneille ont élevé à Sophocle et à Euripide, que nous examinons surtout son procédé dramatique pour mettre en lumière la supériorité des deux autres. Si on nous pousse, nous dirons que le drame d’Eschyle est primitif et lyrique, que la fatalité souffle dans toutes ses tragédies ; que ce poëte est un sombre visionnaire
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Est-ce la ténébreuse tentacule de vanité qui nous sert à aspirer avidement en nos héros toutes les bassesses de leur humanité ? Qui sait ? Les œuvres de Thomas de Quincey sont toutes pénétrées de cette passion. Il n’aima personne autant que Coleridge, mais révéla les manies de son poète préféré avec volupté. Il adora Wordsworth ; et en trois pages d’extase il montre le grand homme coupant un beau livre — qui ne lui appartient pas — avec un couteau souillé de beurre. Mais parmi les héros de Thomas de Quincey, sans contredit le premier fut Kant.
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Comparer Eschyle à Shakespeare, c’est tenter de réunir deux arts complètement différents. Rien d’analogue entre la scène d’Oreste et de Clytemnestre et celle d’Hamlet et de sa mère. Shakespeare n’avait nulle préoccupation de stichomythie, de mesure, ou de symétrie. C’est chez lui, si l’on veut, que la passion peut “mugir” à l’aise. S’il fallait rapprocher Eschyle d’un poëte des temps modernes, il semble que Dante lui serait quelque peu semblable.
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