Résumé

Louis Binaut Revue des Deux Mondes

D’où vient donc cette idée contraire, si généralement admise, que le dogme fondamental de la tragédie grecque, issue de la religion, c’est la fatalité ? Selon cette hypothèse, tellement répandue, que nous l’avons tout d’abord acceptée sans examen, un destin aveugle, irrésistible, inexorable, aurait régné dans le culte et dans le drame, il aurait trouvé sa plus haute expression dans Eschyle même ; l’homme n’y serait qu’un instrument passif ou une victime de cette nécessité de fer, et le fatalisme oriental aurait opprimé dans l’ancienne poésie toute liberté, toute personnalité.
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Louis Binaut Revue des Deux Mondes

Il y a une tradition pour la controverse aussi bien que pour le dogme, et si celle-là est moins sacrée, il est à coup sûr téméraire de troubler les esprits en la déclarant dégénérée et impuissante. Si, comme vous le prétendez, tout ce qui s’est dit jusqu’ici pour démontrer l’authenticité, la vérité, l’autorité des saints livres n’est que sophismes et assertions vagues, arbitraires et vaines, plus propres à faire de nouveaux incrédules qu’à ramener à la croyance, nos pères n’ont donc assis leur foi que sur des chimères et des illusions !
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Louis Binaut Revue des Deux Mondes

S’il y a des élans vers la liberté et la foi, le plus souvent le ciel, d’où la philosophie a délogé les dieux, n’est plus qu’une voûte fermée sur les têtes pensantes ; la Fortune entraîne tout, même leurs pensées. Toute sagesse consiste à calculer prudemment une morale pratique qui plie et ne rompe pas sous les coups des orages, et qui permette de mener doucement sa vie jusqu’à la fin : alors on la quittera sans regret, parce qu’on en aura tiré le meilleur parti possible. La vertu qu’on recommande est une certaine force qu’on exerce sur soi-même, mais pour soi-même
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