“ Oreste. Le mendiant. ORESTE. – Dis-la-moi, Électre ! Dis-la-moi ! ÉLECTRE. – Te dire quoi ? ORESTE. – Ta haine. La raison de ta haine. Tu la connais maintenant. Tout à l’heure, en parlant à Clytemnestre, tu t’es presque évanouie dans mes bras. On eût dit de joie ou d’horreur. ÉLECTRE. – C’était de joie et d’horreur... Es-tu fort ou faible, Oreste ? ORESTE. – Dis-moi ton secret, et je vais le savoir. ÉLECTRE. – Je ne connais pas mon secret encore. Je n’ai que le début du fil. Ne t’inquiète pas. Tout va suivre... Méfie-toi. La voilà. Apparaît au fond Clytemnestre. Scène XI Électre. ”
Clytemnestre
Définition et enjeux
Clytemnestre, figure tragique de la mythologie grecque, incarne la complexité des rapports de pouvoir et de vengeance. De Jean Giraudoux à Jean Racine, les auteurs ont analysé ses ambiguïtés : dans Électre, elle apparaît comme une mère déchirée par la haine et l’amour, tandis que Sainte-Beuve souligne son rôle dans les récits littéraires.
Les réflexions de Péguy ou les descriptions théâtrales de Dumesnil mettent en lumière son immortalité symbolique, liée à des thèmes comme l’agamemnonisme ou la tragédie. Son destin, entrelacé à celui d’Oreste et d’Égisthe, résonne encore dans les œuvres qui interrogent la justice et la mémoire.
Citations sur “Clytemnestre”
Charles Augustin Sainte-Beuve,
Portraits littéraires, Tome III
“ L’illustre président du 15 avril avait ainsi à parler de la question romantique et de Lesueur, et l’auteur des Barricades devait aborder ce qui assurément y ressemble le moins, la dernière tragédie de Clytemnestre. Ce sont là de ces mélanges agréablement tempérés comme les désire et comme au besoin les combinerait le genre académique, dont le triomphe, pour une bonne part, se compose toujours de la difficulté vaincue. ”
“ Et ce n’était pas une bête qui criait, c’était Clytemnestre. Mais on la saignait. Son fils la saignait. Il avait frappé au hasard sur le couple, en fermant les yeux. Mais tout est sensible et mortel dans une mère, même indigne. Et elle n’appelait ni Électre, ni Oreste, mais sa dernière fille Chrysothémis, si bien qu’Oreste avait l’impression que c’était une autre mère, une mère innocente qu’il tuait. Et elle se cramponnait au bras droit d’Égisthe. Elle avait raison, c’était sa seule chance désormais dans la vie de se tenir un peu debout. Mais elle empêchait Égisthe de dégainer. ”
