Émile Villemot

Résumé

Émile Villemot Les volontaires de l'amour (1881)

Je suis votre femme, je suis, de plus, une honnête femme.
Vous m'entendez! si vous votez l'article, si vous blessez ma foi, si vous mettez ma croyance sous vos pieds pour la piétiner d'une façon aussi indigne, ce jour-là, je saurai ce qui me reste à faire.
Vous m'entendez, dit-elle en se retournant encore vers son mari ; je saurai ce qui me reste à faire.
Ce jour-là, Jehan de Saintré fut un homme tout à fait radieux : il voyait des horizons d'or et d'azur s'ouvrir devant lui ; pour un peu, il aurait embrassé le sénateur Z. sur ses deux
joues barbues, démocratiques et anti-cléricales.
Source : Gallica

Émile Villemot Les volontaires de l'amour (1881)

Cette spirituelle fille d'Eve avait joliment plaidé la cause de notre première mère, elle avait fait une apologie complète du coup de dent donné à la pomme, dans le verger de l'Eden : « Le Tout-Puissant, dit-elle dans un de ses livres (Esquisses morales) , avait dit au couple humain, faible et ignorant, mais heureux et immortel : « Tu ne mangeras point du fruit de
« l'arbre de science, ou bien tu mourras. »
L'homme se résigne à cette inactive et insensible félicité; mais la femme, écoutant en elle-même la voix de l'esprit de liberté, accepte le défi.
Source : Gallica

Émile Villemot Les volontaires de l'amour (1881)

Mais la femme, mais Eve, mais Daniel Stern, mais Mlle Maria Deraismes et les six autres, c'est la révolution, c'est l'affranchissement du génie humain: Mlle Maria Deraismes force ce fainéant d'Adam à entonner avec elle la Marseillaise des peuples, elle l'entraîne à l'assaut du pommier défendu, comme le peuple a entraîné plus tard les bourgeois de Paris à l'assaut de la Bastille ; elle secoue la branche de l'arbre de la science du bien et du mal avec la vigueur d'une forte femme, et, perchée sur la plus haute branche, elle proclame le droit à l'embrassement de tous les peuples.
Source : Gallica

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