Boccace

Boccace

Le Décaméron (1350-1354)

Résumé

Portrait de Boccace Boccace Le Décaméron (1350-1354)

Quand elle vit sa maîtresse, qui ressemblait non à un corps humain, mais à un cep de vigne à moitié brûlé, toute brisée, toute pâle, gisant nue sur la terre, elle mit ses mains sur ses yeux, et se mit à pleurer comme si elle était morte. Mais la dame la pria de se taire pour l’amour de Dieu, et de l’aider à se vêtir. Ayant appris d’elle que personne ne savait où elle avait été, sinon ceux qui lui avaient apporté ses vêtements et le laboureur qui était encore là, elle se calma un peu, et elle les pria, pour l’amour de Dieu, de n’en jamais rien dire à personne.
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Portrait de Boccace Boccace Le Décaméron (1350-1354)

Eh ! pour Dieu, Girolamo, va-t’en. Il est passé ce temps de notre enfance où il ne nous était pas défendu de nous aimer. Je suis, comme tu vois, mariée ; par conséquent ce n’est plus bien à moi de penser à un autre homme qu’à mon mari. Pour quoi, je te prie, au nom de Dieu, de t’en aller ; car si mon mari t’entendait, encore qu’un autre mal n’en advînt, il s’ensuivrait que je ne pourrais plus jamais vivre en paix avec lui, alors qu’aimée de lui, je demeure avec lui en tout bien et tranquillité.
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Portrait de Boccace Boccace Le Décaméron (1350-1354)

La lune, parvenue au milieu du ciel, avait perdu ses rayons, et déjà, sous la lumière naissante, toutes les parties de notre monde étaient éclairées, quand la reine s’étant levée et ayant fait appeler la compagnie, ils s’éloignèrent à pas lents du beau coteau, s’éparpillant sur l’herbe humide de rosée, discutant du plus ou moins de beauté des nouvelles racontées et recommençant à rire des aventures variées qui y étaient contenues, jusqu’à ce que, le soleil commençant à devenir plus chaud, il parut temps à tous de revenir à la maison.
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