Résumé

Portrait de Boccace Boccace Le décaméron : contes choisis (1913)

Ce qu'entendant la dame, elle oublia soudain l'amour et, de cruelle fureur allumée, dit : « Serai-je donc, vilain chevalier, frustrée en cette façon de mon désir? A Dieu ne plaise, puisque vous voulez me faire mourir, que je ne vous fasse aussi, ou mourir, ou chasser du monde. » Et à ces mots, elle se prit à l'instant par les cheveux et se les arracha presque tous, puis, mettant les mains à ses habillements et les rompant et déchirant, commença à crier fort : « A l'aide, à l'aide, le comte d'Angiers veut me faire violence ! »
Source : Gallica

Portrait de Boccace Boccace Le décaméron : contes choisis (1913)

Toutefois, s'il y a encore en vous tant soit peu de cette amour que vous m'avez tant portée, accordez-moi, pour le dernier don que je désire de vous, que, puisqu'il ne vous a été agréable que je vécusse secrètement et à cachettes avec Guiscard, au moins que mon corps et le sien, quelque part que vous l'ayez fait jeter, soient enterrés publiquement ensemble. » L'angoisse de pleurer ne permit pas que le prince lui répondît aucune parole. Et alors la dame, se sentant tirer à la fin, étreignant et serrant fort le coeur mort contre son coeur, dit : « Restez avec Dieu, car je m'en vais. »
Source : Gallica

Portrait de Boccace Boccace Le décaméron : contes choisis (1913)

Or, étant en cette pensée, il advint que Gabriel, jetant un grand soupir, l'embrassa et lui dit : « Hélas ! m'amie, aide-moi, car je meurs» et, ceci dit, retomba en terre sur l'herbe du préau. Ce que voyant la jeune fille, et l'ayant tiré sur son giron, lui diten pleurant : «Las! mon doux ami, qu'est-ce que tu sens?»
Gabriel ne répondit rien mais, étant ainsi en une grande sueur sans pouvoir reprendre son haleine, rendit l'esprit bien peu de temps après. Combien ceci fut grief et triste à la jeune fille, qui l'aimait plus que soi-même, chacun le peut penser.
Source : Gallica

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