George Sand

George Sand

Résumé

Portrait de George Sand George Sand,  Les Dames vertes (1859)

“ Il me semblait avoir trahi la mission que mon père m’avait confiée, et cela sans profit pour mes chimères d’amour.
Ma mélancolie intérieure réagissait sur mes impressions, et mon bel appartement me sembla sombre et lugubre. Je ne savais que penser de la raison de l’abbé et de la mienne propre. Sans la mauvaise honte, j’aurais demandé d’être logé ailleurs, et j’eus un mouvement de colère véritable, lorsque je vis entrer Baptiste avec le maudit plateau, la corbeille, les trois pains et tout l’attirail ridicule de la veille.
— Qu’est-ce que cela ? lui dis-je avec humeur. Est-ce que j’ai faim ?
”
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Portrait de George Sand George Sand,  Les Dames vertes (1859)

“ Je le pris et sentis qu’il contenait une bague : c’était l’étoile d’émeraude dont le souvenir ne m’était resté que comme celui d’un rêve de la fièvre. Elle existait, cette bague mystérieuse ; elle m’était rendue !
Je la passai à mon doigt et je la touchai cent fois pour m’assurer que je n’étais pas dupe d’une illusion ; puis je l’ôtai et l’examinai avec une attention dont je n’avais pas été capable au château d’Ionis, et j’y déchiffrai cette devise en caractères très-anciens : Ta vie n’est qu’à moi.
”
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Portrait de George Sand George Sand,  Les Dames vertes (1859)

“ Je parlais avec assurance de ma vision, comme d’un accès de fièvre chaude. Elle m’engagea à n’y plus penser du tout, à ne jamais m’en tourmenter.
— N’allez pas vous croire plus faible d’esprit qu’un autre, ajouta-t-elle ; il n’y a personne qui n’ait eu quelques heures de délire dans sa vie. Restez encore deux ou trois jours avec nous ; quoi qu’en dise le médecin, je ne veux pas vous renvoyer, faible et pâle, à vos parents. Nous ne parlerons plus du procès, c’est inutile ; j’irai voir votre père et en causer avec lui, sans vous en tourmenter davantage.
”
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