Paul d' Orcières

Résumé

Paul d' Orcières Le drame de Monaco (1878)

J'ai rencontré à Nice l'homme fatal que la Providence aurait dû me montrer avant M. Limet.
— Quel phénomène que cette terre de Provence ! On n'a qu'à fouler ce sol vibrant pour sentir tout à coup dans le cœur fleurir des amours qui n'y avaient même pas germé. Dans le mien aussi, et depuis hier même, a soudainement poussé un lys sanglant qui me déchiré. Confiance
pour confiance : je suis tombée amoureuse du baron de Huncker.
— Tiens! fit dédaigneusement Mathilde, vous m'étonnez : vous avez, il est vrai, un cheval aveugle, mais le baron n'est plus guère, aujourd'hui, qu'un cheval borgne.
Source : Gallica

Paul d' Orcières Le drame de Monaco (1878)

Non, elle n'était plus Mathilde, la nièce capricieuse et ferme du premier des Pigonnet : elle était la révolution de Mirabeau, se jetant palpitante et fascinée dans les bras d'un souverain.
— Comment! je suis à vous? murmura-t-elle, sans oser le regarder. Hier encore, inconnus l'un à l'autre, et aujourd'hui presque adultères ?
Jamais campagne ne fut menée avec plus de vertige. Depuis quand ne distingue-t-on plus entre la femme honnête et la fille des carrefours ?
— Depuis que la vie est courte, depuis que l'occasion se fait rare, depuis que les maris ne sont aveugles que pour un temps.
Source : Gallica

Paul d' Orcières Le drame de Monaco (1878)

Ce n'est pas à Nice, mais au contraire en Italie, que l'on rencontre le regard jettateur, ce mauvais œil dont tant de faibles esprits sont frappés.
- N'importe, madame, insista Mathilde, j'ai peur ici ; il me semble que nous ne sortirons pas de ce cercle enchanté. Je ne veux même pas aborder l'Italie par mer ; la route des falaises est plus belle, plus pittoresque et plus sûre.
— Quelle plaie que votre femme ! murmura le major à l'oreille de Limet; je vous assure, mon cher ami, que je vous plains sincèrement. Est-ce que vous êtes décidé à respecter ses caprices ?
Source : Gallica

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