“ Si Nazim lui échappait à lui, Nazim échapperait à tout le monde. Laïza saisit Nazim par le bras, et raidit ses doigts de toute la force de ses muscles de fer. Nazim tira son bras à lui, et son bras glissa entre les doigts de Laïza comme une anguille dans la main du pêcheur ; Laîza saisit Nazim à bras-le-corps, le serrant contre sa poitrine comme Hercule avait serré Antée ; Nazim appuya ses mains sur les épaules de Laïza, et glissa entre ses bras et sa poitrine comme un serpent glisse entre les griffes d’un lion. Alors seulement le nègre fut tranquille ”
Nazim
Définition et enjeux
Citations sur “Nazim”
Jules Verne,
Mirifiques Aventures de maître Antifer
(1894)
“ Tous les soupçons de Juhel furent justifiés. Nazim n'était pas Nazim. C'était Saouk, le fils de Mourad, déshérité par Kamylk-Pacha au profit des colégataires. « Comment. c'était Saouk? » s'écria Juhel. Ben-Omar voulut revenir sur ce nom qui lui était échappé. Sa oontenance, sa terreur, son abattement, démontrèrent trop visiblement que Juhel ne se trompait pas. « Saouk! » répéta maître Antifer, qui s'élança d'un bond hors de son lit. Et, dans l'effort que fit sa mâchoire, quand il prononça ce nom abhorré, son caillou, filant comme une balle, vint frapper le notaire en pleine poitrine. ”
“ Le grand parc qui l’entourait descendait jusqu’au Bosphore. Maison silencieuse, gémissant de richesses et remplie de domestiques invisibles, muets comme les tombes. Mais l’atmosphère d’intimité qui règne dans toute habitation orientale me rendit confiant. L’extrême délicatesse du bey y contribua beaucoup. Il n’avait rien de la sournoiserie de Nazim. Charmant, irrésistible, poli et familier tant que mon espoir dura ”
E. Mignot, Le Sultan Abdul Azis à l'Exposition universelle de 1867 à Paris… (1867)
“ FUAD PACHA a été coup sur coup violemment frappé dans ses plus vives affections par la perte de ses deux fils uniques NAZIM et KIAZIM BEYS; jeunes gens pleins d'avenir et de distinction. NAZIM BEY, venu souvent à Paris, y a laissé les meilleurs souvenirs et KIAZIM BEY, y terminant ses études, a montré les plus rares qualités d'une nature d'élite. ”
“ Elle s’empressa surtout de lui apprendre qu’elle aimait la danse, et Nazim-Effendi, content de sa journée, se leva et nous congédia en disant : « Eh bien, vous danserez ici, quand il vous plaira ! » Et nous fûmes reconduits à la rive roumaine. J’étais content et fier de ma découverte ; je ne me doutais de rien... Kyra était encore plus contente et se doutait encore moins. Nous abandonnâmes toutes nos habitudes d’avant, toutes nos prédilections. Notre vie fut entièrement absorbée par le voilier funeste. ”
Georges Gaulis, La Ruine d'un empire : Abd-ul-Hamid… (1913)
“ Leur tour de bazar accompli, ils iront, toujours pépiant et jacassant, passer un instant dans les mosquées où les cheiks enturbanés leur feront faire une dernière répétition. « Les hommes crieront : Vive l'empereur, l'impératrice et le padischah! les femmes pousseront un long cri d'allégresse. » — Tel est l'ordre officiel de Nazim-pacha. Et depuis plusieurs jours on travaille à la savante préparation des élans spontanés de la foule damasquine sur le passage de l'empereur d'Allemagne. ”
Jules Verne,
Mirifiques Aventures de maître Antifer
“ C’est à un homme qui n’aurait rien de plus pressé que de l’anéantir, s’il tombait jamais entre ses mains !... Allons ! voilà un obstacle que nous n’attendions pas, — obstacle infranchissable cette fois, et qui pourrait bien mettre fin à la campagne que nous poursuivons. C’est à un refus péremptoire, à un refus sans réplique, que nous allons nous heurter, à un refus qui vaudra au révérend Tyrcomel une immense popularité ! Il y a là de quoi achever mon oncle, et sa raison n’y résistera pas !... Zambuco et lui, peut-être aussi ce Nazim, oseront tout pour arracher son secret à ce révérend... ”
“ Nous allions chaque jour en chaloupe, et nous n’habitions plus nos chambres que pour dormir et prendre les repas. Bien mieux ! Kyra trouvait maintenant que ses toilettes n’étaient pas assez riches, que les chambres étaient insupportables ; elle avait hâte que l’oncle Cosma en finît avec le père, pour qu’elle pût rentrer dans sa maison et dans sa fortune, devenir une dame élégante, et recevoir, non pas des moussafirs, mais des Nazim-Effendi ! La pauvrette ! Une semaine de suite, nous fréquentâmes la cabine du Turc, dansâmes et nous amusâmes. ”
René Pinon, L’Europe et la Jeune-Turquie
“ Des hommes, sortis du Comité Union et Progrès, et, si on nous passe l’expression, lancés par lui, comme Djavid bey et Talaat bey, ne pouvant ou n’osant s’en affranchir, ont cherché à le conduire, à l’inspirer et, par lui, à diriger l’opinion publique. À plusieurs reprises, le Comité central a regimbé et a voulu sortir du rôle secondaire auquel on cherche à le réduire, mais il manque d’hommes de valeur et surtout d’hommes politiques. Les plus intelligens, comme le docteur Nazim bey, sont les plus utopistes. ”
Théodore de Wyzewa,
Revues étrangères - Henri de Treitschke et le pangermanisme
“ A cela s’est borné, je crois bien, ce que la race allemande a connu et gardé de la doctrine de Nietzsche : mais comment-ne pas constater que, tout au long de la guerre présente, et depuis la conduite des Allemands à l’égard des églises et des prêtres jusqu’à leur conduite à l’égard de ces « chiffons de papier » que sont les conventions internationales, c’est vraiment cette race-là, et non point la nôtre ou celle de nos Alliés, qui s’est montrée la plus « nietzschéenne ! » ”
André Beaunier,
Revue des Deux Mondes
“ Il n’a point épargné les Boches, ni leur Nietzsche. Il a bien marqué l’absolue antipathie des races ou des peuples : « Tout ce qui est le charme de la vie et la beauté de l’âme, tout ce qui fait l’homme et l’esprit de finesse, tout ce que la France entend par civilisation, qui est sa vertu la plus exquise, les Allemands l’appellent décadence. Et ils appellent culture tout ce qui fait pour nous leur barbarie. » ”
A. Mézières, L’Invasion prussienne en 1792 et en 1870…
“ Il était réservé à l’Allemagne, à la patrie des théoriciens et des philosophes humanitaires, au peuple qui se prétend par la bouche de ses publicistes le plus équitable, le plus modéré, le plus pacifique de l’Europe, de nous ramener aux dévastations et aux massacres de la guerre de trente ans. Si quelque grand écrivain de race germanique entreprend un jour de raconter au monde les exploits de ses compatriotes, il ne sera pas médiocrement embarrassé de mettre d’accord leurs théories et leurs actes, de concilier leurs prétentions à l’humanité avec leurs outrages à la civilisation. ”
Friedrich Nietzsche,
Par delà le bien et le mal
(1886)
“ Il fut un temps où l’on donnait habituellement aux Allemands l’épithète de « profonds » : aujourd’hui que le néo-germanisme à la mode a de tout autres prétentions, et reprocherait volontiers à ce qui a de la profondeur d’être trop peu « tranchant », il y a de l’optimisme et du patriotisme à se demander si cet antique éloge n’est pas une duperie, en un mot si cette prétendue profondeur allemande n’était pas, au fond, quelque chose d’autre et de pire, quelque chose dont, grâce à Dieu, on est en train de se défaire. Essayons donc de voir plus clair dans cette profondeur germanique. ”
Friedrich Nietzsche,
Considérations inactuelles
“ S’il était possible de soulever contre l’ennemi intérieur cette bravoure impassible et opiniâtre que l’Allemand a opposée à la fougue pathétique et soudaine du Français, de la soulever contre cette fausse « civilisation », très douteuse et en tous les cas anti-nationale que, par un dangereux malentendu, on appelle aujourd’hui, en Allemagne, culture, tout espoir en une véritable culture allemande, l’opposé de cette fausse civilisation, ne serait pas perdu. ”
Friedrich Nietzsche,
Crépuscule des idoles
“ Les Allemands — on les appelait autrefois un peuple de penseurs : je me demande si, d’une façon générale, ils pensent encore aujourd’hui ? Les Allemands s’ennuient maintenant de l’esprit, les Allemands se méfient maintenant de l’esprit. La politique dévore tout le sérieux que l’on pourrait mettre aux choses vraiment spirituelles. — « L’Allemagne, l’Allemagne par-dessus tout [2] », je crains bien que cela n’ait été là, la fin de la philosophie allemande... « Il y a-t-il des philosophes allemands ? il y a-t-il des poètes allemands ? il y a-t-il de bons livres allemands ? » ”
Friedrich Nietzsche,
La Naissance de la tragédie
“ Il faudrait cruellement désespérer de notre âme allemande si le génie de notre peuple était désormais aussi indissolublement inféodé à sa culture, aussi identifié à elle que nous pouvons l’observer avec horreur dans la civilisation française ”
Jacques Dyssord,
Les Allemands peints par eux-mêmes
(1917)
“ Vous n'avez aucune idée, vous autres, Français, de notre haine ; mais les Allemands sont plus rancuniers que les peuples d'origine romane : cela tient à ce qu'ils sont idéalistes jusque dans la haine. Nous ne nous fâchons pas pour des choses futiles, comme vous le faites, pour une piqûre de vanité, pour une épigramme, pour l'oubli d'une carte de visite : nous, nous haïssons chez nos ennemis ce qui est le plus essentiel, le plus intime : la pensée. ”
Friedrich Nietzsche,
Le Gai Savoir
“ Nous autres sans-patrie, nous sommes trop multiples et trop mêlés, de race et d’origine, pour faire des « hommes modernes » et, par conséquent, peu tentés de participer à cette admiration de soi mensongère que pratiquent les races, à cette impudicité dont, aujourd’hui, l’on fait parade en Allemagne, en guise de cocarde, du loyalisme germanique, et qui semblent doublement fausses et inconvenantes chez le peuple du « sens historique ». ”
Charles Benoist,
Revue des Deux Mondes
“ Et ce sont donc les crimes, non de quelques bandits ou de quelques détraqués, mais de toute une armée, de toute une nation, de tout un État; c’est le crime de l’Allemagne, c’est le Mal allemand. Mal endémique et perpétuel, avec des accès de fureur chronique. Les historiens, les philosophes, les juristes de l’Empire, « conseillers intimes actuels et Excellences, » ou désireux de le devenir, ont mis en théorie la pratique frédéricienne, et les militaires, à leur tour, mettent en pratique la théorie impérialiste de la germanisation par la spoliation et l’extermination. ”
Friedrich Nietzsche,
Par delà le bien et le mal
(1886)
“ « Bon enfant et sournois », coexistence qui serait absurde s’il s’agissait de tout autre peuple, et qui, hélas ! n’est que trop souvent réalisée en Allemagne : allez donc vivre quelque temps parmi les Souabes ! La lourdeur du savant allemand, son manque de délicatesse sociale, s’allie déplorablement bien avec une acrobatie mentale et une audace dans l’agilité devant lesquelles tous les dieux ont appris la crainte. Voulez-vous voir l’« âme allemande » grande étalée ? jetez un coup d’œil sur le goût allemand, l’art allemand, les mœurs allemandes. ”
Friedrich Nietzsche,
Humain, trop humain
“ Il ne manque pas de raisons pour que les Allemands actuels s’en puissent faire même un titre d’honneur : tant pis pour un homme dont la nature et la vocation sont en ce point anti-allemandes. Ce livre allemand, qui a su se trouver des lecteurs dans un cercle étendu de pays et de peuples — il y a presque dix ans de cela — et qui doit être habile à quelque musique ou art de flûter que ce soit, par où puissent être séduites même des oreilles revêches d’étrangers — c’est justement en Allemagne que ce livre a été le plus négligemment lu, le plus mal entendu : à quoi cela tient-il ? ”
Friedrich Nietzsche,
La Naissance de la tragédie
(1872)
“ Notre confiance est assez haute dans la pure et forte essence intime de l’âme allemande pour oser attendre d’elle cette expulsion d’éléments étrangers implantés par violence, et admettre que l’esprit allemand puisse reprendre conscience de soi-même. ”
René Doumic,
Revue dramatique - Alexandre Dumas fils et la guerre de 1870
“ Entre autres leçons, la guerre allemande nous donnera la plus profitable de toutes : elle nous apprendra la haine des Allemands, « cette haine implacable qui fait partie du sang, des os, de l’âme, du pain que l’on mange, de l’air qu’on respire, et que tout alimente et renouvelle. Ah ! comme nous allons vous haïr ! » A tout le moins nous ne ferons pas de nos mortels ennemis les hôtes de notre pays et les familiers de notre maison. ”
Jacques-Gabriel Prod’homme,
Richard Wagner et la France
“ Que le peuple allemand soit maintenant vaillant même dans la paix ; qu’il cultive sa véritable valeur et se débarrasse des fausses apparences ; puisse-t-il ne jamais vouloir passer pour ce qu’il n’est pas et, au contraire, reconnaître en soi-même en quoi il est unique !... ”
Henri Andrillon, L'Expansion de l'Allemagne, ses causes… (1914)
“ « Laissez toute espérance », aurait pu écrire Nietzsche sur la porte de l'Enfer qu'il destine au « troupeau des faibles » ; « en entrant dans la vie, laissez toute espérance ; les faibles sont nés pour souffrir et pour servir les forts. » La recherche de l'influence que la morale de Nietzsche et la doctrine sociale de l'Allemagne ont eue l'une sur l'autre va nous montrer que cette morale et cette doctrine s'expliquent réciproqument et cette recherche nous permettra ainsi de pénétrer plus profondément dans l'âme de l'Allemagne contemporaine. ”
Friedrich Nietzsche,
Humain, trop humain
“ Me tromperais-je peut-être : mais il me semble que, dans l’Allemagne actuelle, une double hypocrisie est devenue pour chacun le devoir du moment : on demande le germanisme, dans l’intérêt de la politique de l’empire, et le christianisme par crainte sociale, mais tous deux seulement dans les paroles et les attitudes, et surtout dans la faculté de pouvoir se taire. C’est l’enduit qui coûte maintenant si cher, que l’on paye un si haut prix : c’est à cause des spectateurs que la nation fait prendre à son visage des plis germano-christianisants. ”
Friedrich Nietzsche,
Considérations inactuelles
“ Ils ne comprennent pas le souci que peut inspirer la culture générale allemande, parce qu’ils se sentent, eux et le plus grand nombre de leurs semblables, bien au-dessus des préoccupations de cette espèce. ”
Friedrich Nietzsche,
L’Antéchrist
“ Mais la vie, le triomphe de la vie, le grand oui à l’égard de toutes les choses hautes, belles et audacieuses !... Et Luther rétablit l’Église : il l’attaqua... La Renaissance, un événement dépourvu de sens, un grand en vain ! Ah, ces Allemands, ce qu’ils nous ont déjà coûté ! En vain — c’est ce qui fut toujours l’œuvre des Allemands. — La Réforme ; Leibnitz ; Kant et ce qu’on appelle la philosophie allemande ; les guerres de « liberté » contre Napoléon Ier ; le nouvel Empire allemand — chaque fois un en vain pour quelque chose qui était déjà là, pour quelque chose d’irréparable... ”
Olga Wormser-Migot, La déportation (1964)
“ Si les historiens de tous les pays s'attachent à épargner les susceptibilités nationales en évoquant dans les manuels les conflits entre les peuples, nul doute que les historiens allemands ne soient d'accord avec tous leurs collègues des pays qui furent occupés pour stigmatiser, dans les livres d'histoire, les atteintes à l'homme et le crime contre l'humanité perpétrés par le nazisme dans les camps de concentration. ”
Carlo Sforza,
Les frères ennemis (l'Europe d'après guerre…
(1933)
“ On aura un jour le droit de se demander si, à la longue, les convulsions du nazisme n'auraient mieux servi l'Allemagne : comme l'esclave ivre dont le spectacle sur la place publique détournait de l'ivrognerie les jeunes citoyens libres. ”
François-M. Balisoni, Delenda est Germania ! "Il faut détruire l'Allemagne… (1884)
“ « Il faut se souvenir. » Oh ! se souvenir surtout! il faut une haine à notre coeur, une haine sainte, indomptable, incessante, tant qu'elle n'aura pas été assouvie: La haine de l'Allemagne! Depuis que cette race a mêlé dans la bataille son sang au nôtre, depuis douze ans que ses soldats ne foulent plus notre pays indigné, je n'ai qu'un but, une idée triste, sombre, mais toujours présente à l'esprit : La revendication nationale!... ”
Charles-Julien Jeannel, De Dijon à Brême : 1870-1871 (1871)
“ L'arrogance et la brutalité allemandes nous commandent de rejeter la langue allemande hors de celles qui forment l'esprit, et mes enfants ne l'apprendront pas, parce que c'est la langue d'une race dont la civilisation n'est que superficielle et dont le cœur est hypocrite. Outre la haine aveugle contre la France et la savante barbarie du système militaire, le caractère frappant de l'Allemagne du Nord, c'est l'hypocrisie. ”
Friedrich Nietzsche,
Par delà le bien et le mal
(1886)
“ Les Allemands n’ont pas eu ce qu’il fallait pour en arriver là : ces quelques siècles d’active éducation morale, que la France a pris la peine de se donner ; et partir de là pour qualifier les Allemands de « naïfs », c’est leur faire un mérite de ce qui est un défaut. ”
