Résumé

A. Mézières L’Invasion prussienne en 1792 et en 1870…

Peut-être même avons-nous mis souvent une sorte de coquetterie et de courtoisie gracieuse à leur faire les honneurs de notre pays, à les traiter d’autant mieux que nous les savions étrangers, à leur témoigner des égards que nous aurions refusés à des Français. L’élégance de notre civilisation, nos musées, nos bibliothèques, nos cours publics, toutes les merveilles de notre Paris, leur appartenaient aussi bien qu’à nous. La France n’était pas pour eux la terre étrangère, elle était la patrie, c’est-à-dire ce qu’il y a de plus doux et de plus cher aux hommes.
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A. Mézières L’Invasion prussienne en 1792 et en 1870…

S’il convient à l’Europe de paraître dupe d’un langage que la réalité dément, personne du moins ne s’y trompera chez nous. On ne nous prendra pas plus que Goethe au piège des mots sonores et des phrases attendries. Nous lisons entre les lignes doucereuses des manifestes diplomatiques et des messages officiels. Nous y lisons à travers les détours des circonlocutions habiles, comme le savaient du reste tous ceux qui en France étudiaient sérieusement l’Allemagne, que la Prusse ne nous a jamais pardonné ni les épigrammes de Voltaire, ni la bataille d’Iéna.
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A. Mézières L’Invasion prussienne en 1792 et en 1870…

Il était réservé à l’Allemagne, à la patrie des théoriciens et des philosophes humanitaires, au peuple qui se prétend par la bouche de ses publicistes le plus équitable, le plus modéré, le plus pacifique de l’Europe, de nous ramener aux dévastations et aux massacres de la guerre de trente ans. Si quelque grand écrivain de race germanique entreprend un jour de raconter au monde les exploits de ses compatriotes, il ne sera pas médiocrement embarrassé de mettre d’accord leurs théories et leurs actes, de concilier leurs prétentions à l’humanité avec leurs outrages à la civilisation.
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