Résumé

Ch. Giraud Le Droit des gens et la guerre de la Prusse

Si la règle du monde moderne est aujourd’hui bouleversée, rendons-lui son caractère et sa grandeur. C’est un crime contre le droit et l’humanité que de dépasser le but légitime de la guerre ; c’est une usurpation de la puissance de Dieu que de prétendre juger et punir un peuple indépendant, souverain, en lui reprochant son caractère, ses mœurs ou son esprit, et de s’attribuer la mission de lui infliger un châtiment ; c’est une déplorable aberration que de faire d’un tel dessein l’objet de la guerre
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Ch. Giraud Le Droit des gens et la guerre de la Prusse

N’est-ce pas la Prusse, n’est-ce pas l’Allemagne ? Les populations errantes de l’Asie procèdent-elles autrement que de se ruer en masses plus ou moins bien disciplinées sur des peuples voisins ? La discipline intérieure et trop vantée des armées allemandes change-t-elle le caractère de l’invasion ? La landwehr et le lundsturm ne devaient avoir d’emploi, d’après le droit du pays, que pour la défense du sol allemand. La Prusse les conduit à l’invasion extérieure ; c’est un peuple qu’elle précipite sur un autre pour l’écraser.
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Ch. Giraud Le Droit des gens et la guerre de la Prusse

Le droit de la guerre est fondé, disait-il, sur ce qu’un peuple, pour l’intérêt de sa conservation ou pour le soin de sa défense, veut, peut ou doit faire violence à un autre peuple. C’est le rapport des choses et non des personnes qui constitue la guerre ; elle est une relation d’état à état, non d’individu à individu. Entre deux ou plusieurs nations belligérantes, les particuliers dont ces nations se composent ne sont ennemis que par accident ; ils ne le sont point comme hommes, ils ne le sont même pas comme citoyens ; ils le sont uniquement comme soldats.
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