Résumé

Portrait de Charles de Mazade Charles de Mazade Chronique de la quinzaine, histoire politique et littéraire - 30 novembre 1870

Le chancelier de la confédération du nord, il faut lui rendre la justice qu’il mérite, a fait des prodiges dans ce genre ; il est passé maître d’un coup dans la ruse comme dans tous les excès de la force, et s’il y a dans ce siècle un homme d’état qui ait professé ou pratiqué avec une imperturbable audace la politique de la souveraineté du but, c’est bien lui. Rien ne l’émeut, rien ne l’arrête, et quand il parle de la destruction sociale de la France, c’est qu’il y travaille avec une dextérité dont le succès apparent ou momentané a pu lui causer quelque enivrement.
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Portrait de Charles de Mazade Charles de Mazade Chronique de la quinzaine, histoire politique et littéraire - 30 novembre 1870

Voilà justement la question ; il ne s’agit plus de sûreté allemande, d’intérêt véritablement allemand, il s’agit de conquête. C’est pour une pensée toute militaire, pour un orgueil tout militaire, que l’Allemagne se trouve engagée dans une guerre démesurée dont l’issue incertaine, toujours précaire, peut être aussi funeste pour elle-même que pour le repos de l’Europe. Que la possession de ces provinces prétendues allemandes de la France et si ardemment convoitées ne soit pas sans danger, qu’elle doive rester toujours orageuse, les chefs prussiens ne le nient pas.
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Portrait de Charles de Mazade Charles de Mazade Chronique de la quinzaine, histoire politique et littéraire - 30 novembre 1870

Nous pensons bien que dans cette lutte nouvelle nos chefs militaires, éclairés désormais par l’expérience, sauront opposer la tactique à la tactique, harceler l’ennemi au lieu d’aller se livrer à ses coups, comme on l’a fait si souvent, le contraindre à faire face de tous les côtés à la fois, s’il ne veut s’exposer à voir refluer sur lui une nation tout entière en armes. Nous avons le triste avantage de combattre chez nous, profitons-en pour déjouer cette stratégie savante et uniforme, mieux faite pour frapper quelques grands coups au commencement d’une guerre que pour dompter un pays.
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