Résumé

Portrait de Charles de Mazade Charles de Mazade Chronique de la quinzaine, histoire politique et littéraire - 31 janvier 1871

Mon cher monsieur, Puisque tout nous manquait à la fois, les armées de secours et les vivres, ce n’était plus un devoir, ce pouvait être un crime de prolonger la résistance. On ne joue pas avec la famine aux dépens de deux millions d’hommes ; il fallait donc que la lutte cessât. J’en ai le cœur meurtri. C’est un genre de douleur plus profond qu’aucune autre, et qui semble les comprendre toutes. Ce noble et cher pays, ne méritait-il pas d’être autrement payé de tant de sacrifices, de si vaillans efforts, de ces flots de sang si largement versé au nom du droit et de la patrie ?
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Portrait de Charles de Mazade Charles de Mazade Chronique de la quinzaine, histoire politique et littéraire - 31 janvier 1871

Nous sommes à une de ces heures d’angoisse patriotique, à un de ces instans où la réalité cruelle et décevante produit l’effet d’un rêve sinistre. La fatalité qui nous poursuit n’avait point épuisé ses coups, elle nous réservait une nouvelle épreuve. Paris à son tour, Paris lui-même a été obligé d’entrer en négociation avec son terrible ennemi, et de s’avouer impuissant à rompre le cercle de fer qui l’entourait ; Paris n’est pas tombé, il est vrai, devant une attaque de vive force, il a été réduit à traiter, à demander un armistice, parce qu’il n’avait plus de vivres.
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Portrait de Charles de Mazade Charles de Mazade Chronique de la quinzaine, histoire politique et littéraire - 31 janvier 1871

Non, ce n’est pas le moment de se décourager et surtout de désespérer des destinées de la France, c’est bien plutôt en de pareilles heures que le vrai patriotisme se ravive, fécondé par le sang de tous ceux qui sont déjà morts pour leur pays, et qui ne peuvent pas avoir fait un sacrifice inutile.
Il y a un autre sentiment dont il ne faut pas moins se défendre, parce qu’il serait plus dangereux et plus puéril qu’un morne découragement : c’est cette passion de récriminer, d’accuser, de se renvoyer mutuellement la faute de tout ce qui nous arrive.
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