Fustel de Coulanges,
La Guerre d’envahissement. — Louvois et M. de Bismarck
“ Les peuples détestaient la guerre comme un fléau ; mais ils ne la condamnaient pas encore comme un crime. Elle semblait permise aux souverains. Pour un roi de droit divin, l’ambition était un droit et presque un devoir. Il fallait, pour répondre à la volonté même de Dieu, que le roi fût grand, et que tout l’éclat de la gloire brillât en sa personne. Agrandir son royaume ou sa réputation, c’était servir les desseins de Dieu. Telles étaient les idées de Louis XIV et de Louvois, et c’est en vertu de cet état d’esprit qu’ils purent déchaîner la guerre sans éprouver ni scrupule ni remords. ”
