Résumé

Portrait de Fustel de Coulanges Fustel de Coulanges La Guerre d’envahissement. — Louvois et M. de Bismarck

Les peuples détestaient la guerre comme un fléau ; mais ils ne la condamnaient pas encore comme un crime. Elle semblait permise aux souverains. Pour un roi de droit divin, l’ambition était un droit et presque un devoir. Il fallait, pour répondre à la volonté même de Dieu, que le roi fût grand, et que tout l’éclat de la gloire brillât en sa personne. Agrandir son royaume ou sa réputation, c’était servir les desseins de Dieu. Telles étaient les idées de Louis XIV et de Louvois, et c’est en vertu de cet état d’esprit qu’ils purent déchaîner la guerre sans éprouver ni scrupule ni remords.
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Portrait de Fustel de Coulanges Fustel de Coulanges La Guerre d’envahissement. — Louvois et M. de Bismarck

La
politique d’envahissement LOUVOIS ET M. DE BISMARCK.
La lutte de l’esprit de conquête contre l’esprit de travail est sans doute aussi vieille que l’humanité. Ce n’est pas d’aujourd’hui seulement que l’on voit des nations aspirer à la paix et des souverains ou des ministres les plonger dans tous les maux et dans toutes les fureurs de la guerre. Presque de tout temps, il s’est trouvé dans le cœur des peuples une ambition, celle de grandir par la paix, par l’activité, par l’intelligence, et il s’est trouvé dans le cœur de quelques hommes une autre ambition, celle de grandir par la conquête.
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Sans doute il n’y a pas en Allemagne de villages incendiés, de villes bombardées, de ruines fumantes ; il n’y a qu’une chose, le manque d’hommes. Les guerres de Louis XIV, qui ne se faisaient qu’avec des soldats volontaires ou des cadets de noblesse, n’arrachaient pas violemment les bras à l’agriculture et à l’industrie. Ici, c’est l’agriculture et l’industrie qui ont donné leurs bras et leur sang pour la guerre. Depuis que les armées allemandes ont reçu l’ordre d’envahir la France, l’Allemagne est comme un corps où la vie serait suspendue.
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