Résumé

E. Caro La Morale de la guerre de la Prusse…

Rien n’égale la hauteur des déclarations scientifiques de l’Allemagne, la délicatesse de sa conscience esthétique et morale, la culture de son intelligence. A lire ses philosophes, tels que Hegel, ses historiens, tels que Gervinus et Mommsen, ses théologiens, tels que Strauss, on dirait que tout le mouvement des idées, depuis que l’humanité pense, aboutit à eux, que l’Allemagne est la raison finale de l’humanité, le point culminant de l’histoire, le foyer prédestiné d’où rayonnera un jour la transformation du monde par la raison pure, la civilisation par la science.
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E. Caro La Morale de la guerre de la Prusse…

On croyait jusqu’ici que les moyens moraux à la guerre, c’était l’unanimité d’un peuple, son empressement à se lever en armes, sous l’impulsion de sa conscience nationale menacée, sa solidité dans le combat, son calme devant la mort, acceptée comme la forme suprême du devoir accompli. Je reconnais volontiers qu’aucun de ces moyens n’a manqué à nos ennemis ; mais non, il s’agit d’une autre manière de vaincre ou du moins d’aider la victoire, et de celle-là précisément que répudiait l’honnêteté de Kant.
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E. Caro La Morale de la guerre de la Prusse…

Ces jours-là, ce sont les jours de sincérité de l’illustre chancelier ; mais il arrive alors à cette terrible sincérité de commettre des fautes irréparables, comme à Ferrières, où l’on a laissé voir ce qu’on avait dans le cœur de haine contre la France. C’est un tort. Un diplomate peut manquer de sens moral, cela s’est vu ; il n’a jamais le droit de manquer de goût, même à l’égard d’un vaincu. L’homme réel s’est montré cette fois, et cet homme, c’est le génie même de la Prusse, âpre et implacable.
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