Résumé

Émile Beaussire Le centenaire de Hegel en 1870

Quant à l’empire romain, c’est lui surtout, et l’on pourrait dire lui seul, qui a fait entrer dans l’histoire l’idée d’un empire universel, en embrassant dans l’unité à la fois matérielle et morale d’un même pouvoir, des mêmes lois, d’une civilisation commune, tout ce qu’on appelait alors le monde ; mais dans les temps modernes le progrès des idées repousse de plus en plus la forme impériale, si l’on peut ainsi s’exprimer. Nulle nation n’a pu garder sur les autres une domination de quelque durée, soit par la force, soit par l’intelligence, soit par l’industrie ou le commerce.
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Émile Beaussire Le centenaire de Hegel en 1870

Toute jeune qu’elle est, cette idée n’a rien que de légitime. C’est le droit de l’Allemagne de la réaliser à ses risques et périls ; mais c’est aussi le droit des autres nations de l’observer avec un intérêt sympathique on défiant selon la forme qu’elle tend à revêtir. Ce peut être en effet non une révolution purement germanique, mais un des grands événemens de l’histoire, un foyer plus vif et plus rayonnant de la civilisation, ou le point d’appui d’une ambition envahissante. Or la Prusse n’a entendu jusqu’à présent l’unité allemande que comme l’œuvre de la violence et la conquête.
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Émile Beaussire Le centenaire de Hegel en 1870

La philosophie de Hegel se nourrit d’abstractions ; mais elle ne se nourrit pas d’idées pures. Elle aime la force, elle préconise la guerre, elle est pleine d’enthousiasme pour les conquérans, elle leur confie tous les progrès de l’humanité, et le dernier mot de ces progrès, la dernière œuvre des politiques et des guerriers doit être la fondation d’un grand empire germanique. Voilà les théories dont s’enivrait l’Allemagne il y a quarante ans, lorsque ses guides actuels étaient étudians en philosophie, et elle attend d’eux aujourd’hui qu’ils les glorifient en les appliquant.
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