Résumé

Henri de Sybel La Prusse et la nouvelle Allemagne

L’esprit moderne n’a-t-il pas horreur des sacrifices et des calamités infinies qu’entraîne toute guerre ; n’ayant pas pour but l’unique défense nationale ? Cet esprit moderne n’est pas autrement fait en Allemagne que partout ailleurs ; au contraire le cours de notre histoire le montre s’appliquant chez nous avec une double intensité aux travaux de l’intelligence et de la paix. Notre unité nationale a eu pour première ennemie la passion des conquêtes, qui a entraîné les revers de nos anciens empereurs.
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Henri de Sybel La Prusse et la nouvelle Allemagne

Il n’a manqué qu’une chose, comme on sait bien, la force suffisante, pour exécuter cette furieuse sentence ; mais la ferme volonté ne manquait pas de traiter Prusse et France au XIXe siècle comme Charles-Quint avait traité au XVIe les protestans allemands et le roi François Ier. En vain les temps sont changés : la voix de la liberté et du droit parle aujourd’hui dans tous les cœurs, la force du sentiment national est vivante dans toute l’Europe, tout s’est renouvelé ; seule, la politique des hommes d’état de Vienne est restée immuable.
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Henri de Sybel La Prusse et la nouvelle Allemagne

Au point de vue féodal et légitimiste, il n’y a point de possibilité pour une telle réforme : elle ne peut être réalisée que par un homme d’état qui regarde la souveraineté non comme un bien de famille, mais comme une fonction publique, laquelle, comme toute autre, doit se régler sur les nécessités nationales. Rien donc de plus naturel que la sympathie du parti féodal et légitimiste en Prusse pour les petits souverains et la vieille constitution fédérale, rien de plus explicable que son penchant continuel vers l’Autriche.
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