Résumé

A. Mézières Goethe au siége de Mayence

Les scènes de destruction, les ravages que fait la guerre, inspirent aux hommes une âpre, mais irrésistible curiosité. On veut voir, on veut repaître ses yeux des images les plus terribles, dût-on frissonner après coup au souvenir de ce qu’on a vu. Chaque jour, sur les hauteurs qui dominent Weissenau, et où Goethe aimait à se promener pour suivre comme d’un observatoire favorable l’ensemble des opérations du siège, des curieux venaient assister aux progrès du bombardement. Le dimanche, c’était le rendez-vous d’une multitude de paysans qui y accouraient comme à une partie de plaisir.
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A. Mézières Goethe au siége de Mayence

Dans la nuit du 14 au 15, après un court armistice, le bombardement recommençait avec une effroyable violence. Du point qu’il occupait, Goethe voyait brûler le couvent des bénédictins, un laboratoire sauter, dans tout un quartier de la ville des cheminées s’écrouler, des fenêtres et des toits voler en éclats. Enfin le coup le plus terrible était porté aux assiégés par la destruction des moulins en bois qui occupent le Rhin sur une longue ligne d’une rive à l’autre, parallèlement au pont de bateaux, et qui nourrissent la ville.
Tout est spectacle pour les foules humaines.
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A. Mézières Goethe au siége de Mayence

GOETHE
ET
LE SIÈGE DE MAYENCE
Un peuple paraît toujours suspect lorsqu’il parle de ses souffrances ou de son courage. Ses voisins le soupçonnent volontiers, en l’entendant s’admirer lui-même, de céder, comme les particuliers, à ce penchant général de la nature humaine qui nous pousse à exagérer notre mérite en grossissant nos épreuves ; mais si l’éloge vient de l’étranger et surtout d’un ennemi, ce témoignage prend aussitôt dans une bouche impartiale une autorité très supérieure aux complaisances intéressées ou aux illusions naïves du patriotisme.
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