“ Propre à décourager les chercheurs d’aventures, Car le Mein s’y ruait par quatorze ouvertures ; Tel routier qui n’avait jamais, quand il vint là, Bu d’eau pure, y connut trop bien le goût qu’elle a. ”
Mein
Définition et enjeux
Le terme « Mein », chargé de significations multiples, traverse les œuvres de penseurs et d’écrivains à travers les siècles. Johann Wolfgang von Goethe l’emploie pour explorer les tensions émotionnelles et les aspirations spirituelles, comme dans Les Souffrances du jeune Werther, où l’amour devient une force dévorante.
Joseph Anglade, quant à lui, le rattache à la tradition des minnesingers et à l’idéal chevaleresque, illustrant un amour noblement élevé par la quête de la vertu. Dans un registre plus institutionnel, le Parlement de Paris le place dans un cadre juridique, soulignant son rôle dans les relations de pouvoir. Ces approches variées révèlent une polyvalence du concept, oscillant entre le lyrisme, la philosophie et la pratique sociale.
Citations sur “Mein”
Joseph Anglade,
Les Troubadours, leurs vies, leurs œuvres…
“ Le service, le vasselage amoureux y est chose connue. Comme Jaufre Rudel, le minnesinger Meinloh a recherché sa dame pour sa «vertu». «Quant je t'ai entendu louer, je voulais te connaître; pour ta grande vertu, j'ai couru çà et là jusqu'à ce que je t'aie trouvée.» L'amour a un pouvoir ennoblissant, comme chez les troubadours; comme eux aussi, et plus encore peut-être, si on en juge pas leurs plaintes, les minnesinger ont à souffrir des «médisants». ”
France. Parlement de Paris, Remontrances du Parlement de Paris au XVIIIe siècle… (1888-1898)
“ Elle se leva ensuite et me dit : Mettez moi en état, Monsieur de Meinières, de vous rendre service. Je le désire, en vérité, de tout mon cœur. M. Madame, je vous en suis infiniment obligé; mais je puis avoir l'honneur de vous assurer que mon intérêt personnel n'influera en rien sur ma conduite. Je voudrais de tout mon cœur qu'il ne tînt qu'à moi de donner au Roi la satisfaction qu'il désire et je ne lui demanderais d'autre récompense que de l'avoir convaincu de mon respectueux attachement. ”
Gustave Flaubert,
L'Éducation sentimentale
“ Ensuite, tous causèrent çà et là, par groupes; le bonhomme Meinsius était avec Mme Arnoux, sur une bergère, près du feu; elle se penchait vers son oreille, leurs têtes se touchaient;—et Frédéric aurait accepté d'être sourd, infirme et laid pour un nom illustre et des cheveux blancs, enfin pour avoir quelque chose qui l'intronisât dans une intimité pareille. Il se rongeait le cœur, furieux contre sa jeunesse.Mais elle vint dans l'angle du salon où il se tenait, lui demanda s'il connaissait quelques-uns des convives, s'il aimait la peinture, depuis combien de temps il 74 étudiait à Paris. ”
Johann Wolfgang von Goethe,
Les Années d’apprentissage de Wilhelm Meister
“ Mignon entra et demanda si elle ne devait pas lui rouler les cheveux. Elle s’approchait sans bruit ; elle était fort affligée de ce qu’il l’avait renvoyée si brusquement ce jour-là. Rien n’est plus touchant que de voir une affection qui se nourrit en silence, une fidélité qui se fortifie en secret, se produire enfin dans l’instant propice, et se manifester à celui qui jusqu’alors ne l’avait pas méritée. La jeune fleur, longtemps, étroitement fermée, allait s’épanouir, et le cœur de Wilhelm ne pouvait être plus ouvert à la sympathie. ”
Johann Wolfgang von Goethe,
Les Souffrances du jeune Werther
(1887)
“ Lorsqu'en parlant elle pose sa main sur la mienne, que dans la conversation elle se rapproche de moi, que son haleine peut atteindre mes lèvres, alors je crois que je vais m'anéantir, comme si j'élais frappé de la foudre. Et, Wilhelm, si j'osais jamais. cette pureté du ciel, cette confiance ; tu me comprends. Non, mon cœur n'est pas si corrompu ! mais faible ! bien faible ! et n'est-ce pas là de la corruption ? Elle est sacrée pour moi ; tout désir se tait en sa présence. Je ne sais ce que je suis quand je suis auprès d'elle : c'est comme si mon âme se versait et coulait dans tous mes nerfs. ”
Johann Wolfgang von Goethe,
Les Souffrances du jeune Werther
(1774)
“ Wilhelm, où m’emporte souvent mon cœur ! Quand j’ai passé, assis à ses côtés, deux ou trois heures à me repaître de sa figure, de son maintien, de l’expression céleste de ses paroles ; que peu à peu tous mes sens s’embrasent, que mes yeux s’obscurcissent, qu’à peine j’entends encore, et qu’il me prend un serrement à la gorge, comme si j’avais là la main d’un meurtrier ; qu’alors mon cœur, par de rapides battements, cherche à donner du jeu à mes sens suffoqués, et ne fait qu’augmenter leur trouble... ”
Étienne Marcel, Le chef-d'oeuvre d'un condamné… (1879)
“ Voilà, Mina,.les craintes qui m'affaiblissent, les doutes qui m'inquiètent et qui me rendent souvent la main si indécise et le front tout soucieux. — Oh ! père, vous avez grand tort de vous troubler ainsi, — répliqua Mina, en relevant la tête avec une petite mine triomphante. — De Strasbourg jusqu'à Nuremberg, et de Constance à Augsbourg, tous ceux qui ont du cœur et des yeux, et qui fréquentent les églises, disent qu'il n'est au monde tel que vous pour représenter les anges et les saints. ”
Johann Wolfgang von Goethe,
Les Années d’apprentissage de Wilhelm Meister
“ Il est à désirer que notre héros trouve à l’avenir, pour ses histoires favorites, des auditeurs plus attentifs. Chapitre IX C’est ainsi que Wilhelm passait les nuits dans les intimes jouissances de l’amour et les jours dans l’attente de nouvelles délices. Dès le temps où le désir et l’espérance l’avaient entraîné vers Marianne, il s’était animé comme d’une vie nouvelle ; il avait senti qu’il devenait un autre homme : maintenant il était uni avec elle ; la satisfaction de ses vœux devenait une charmante habitude ; son cœur s’efforçait d’ennoblir l’objet de sa passion ”
Johann Wolfgang von Goethe,
Les Années d’apprentissage de Wilhelm Meister
“ Werner, qui cultivait son bon esprit dans la société de Wilhelm, s’était accoutumé à considérer aussi d’un point de vue élevé sa profession, ses affaires, et croyait toujours le faire avec plus de raison que son intelligent et précieux ami, qui lui semblait attacher une si grande importance et toutes les forces de son âme aux choses les plus chimériques du monde. Il se disait parfois qu’il finirait par triompher de ce vain enthousiasme et par ramener un si honnête homme au bon chemin. ”
Johann Wolfgang von Goethe,
Œuvres de Goethe
“ Cher Wilhelm.... il est vrai qu’il l’aime de toute son âme ; et que ne mérite pas un pareil amour ?... Un homme insupportable m’a interrompu. Mes larmes sont séchées. Je suis distrait. Adieu, cher ami. 4 août. Je ne suis pas le seul : tous les hommes sont déçus dans leurs espérances, trompés dans leur attente. J’ai été voir ma bonne femme sous les tilleuls. L’aîné des enfants est accouru à ma rencontre : ses cris de joie ont amené la mère, qui m’a paru très-abattue. Sa première parole a été de me dire : « Mon bon monsieur, hélas ! mon Jean est mort ! » C’était le plus jeune de ses garçons. ”
Johann Wolfgang von Goethe,
Les Années d’apprentissage de Wilhelm Meister
“ Elle n’avait rien qui pût la soutenir ; lorsqu’elle s’observait et se cherchait elle-même, son âme était vide, son cœur sans appui. Plus sa situation était triste, plus elle s’attachait avec ardeur à son amant ; sa passion croissait chaque jour, comme le danger de le perdre s’approchait chaque jour davantage. De son côté, l’heureux Wilhelm planait dans les plus hautes régions ; un monde nouveau s’était aussi ouvert devant lui, mais riche en magnifiques perspectives. ”
Thierry Sandre,
Mienne: roman
(1923)
“ Mienne!—Quelle joie pour moi! dis, mon Mien, dis, tu veux? tu veux?{159}J’abrège.—Je veux que ce soit une fille, dit-elle quand elle n’eut plus rien à vouloir, et je veux qu’elle te ressemble.—Mienne...—Tout me sera tellement égal, quand tu m’auras abandonnée!—Mienne...—Ose prétendre qu’elle n’est pas tienne, ta Tienne, ose! dit-elle enfin.Mais je m’arrête là. Le cœur me saute dans la poitrine. Mes paupières sont brûlantes. Si je n’ai pas connu le bonheur d’aimer, je ne le connaîtrai jamais.{160} INSENSÉ, peut-être, qui n’ai pas eu l’audace de forcer l’occasion! ”
Johann Wolfgang von Goethe,
Œuvres de Goethe
“ Wilhelm, tout mon corps frissonne, lorsqu’Albert entoure de son bras cette taille élégante. Et l’oserai-je dire ? Pourquoi pas, Wilhelm ? Elle eût été plus heureuse avec moi qu’avec lui. Oh ! il n’est pas l’homme capable de remplir tous les vœux de cet ange. Un certain défaut de sensibilité, un défaut.... prends-le comme tu voudras.... Je ne vois pas la sympathie faire battre son cœur, à quelque passage d’un livre chéri, quand le cœur de Charlotte et le mien se rencontrent, et, dans cent autres occasions, lorsqu’il nous arrive d’exprimer nos sentiments sur les actions d’autrui.... ”
Thierry Sandre,
Mienne: roman
(1923)
“ Mienne, écoute-moi. En m’autorisant à t’aimer,{145} tu m’as donné le seul bonheur que j’aie jamais goûté depuis que je suis un homme. De cela, je te voue une reconnaissance profonde, que rien ne tachera, quoi qu’il arrive. Mais, Mienne, sois sincère. Fais-tu tout ce que tu peux pour que, t’aimant comme je t’aime, j’aie la consolation de ne pas t’aimer en vain? Ou bien, je t’en prie, Mienne, je t’en supplie, sois franche, est-ce d’une autre façon que tu désires que je t’aime? Je m’inclinerai. ”
Johann Wolfgang von Goethe,
Les Années d’apprentissage de Wilhelm Meister
“ Chère, Marianne, répondit Wilhelm, c’est avec un doux sentiment que l’on se rappelle le premier âge et ses innocentes erreurs, surtout à l’heure où l’on est parvenu heureusement sur une hauteur, d’où l’on peut regarder derrière soi et contempler la route parcourue. Il est si agréable de songer, en goûtant une satisfaction secrète, aux divers obstacles que souvent, avec un sentiment pénible, nous avions regardés comme insurmontables, et de comparer ce que nous sommes aujourd’hui, hommes faits, avec ce que nous étions alors, enfants sans expérience ! ”
Johann Wolfgang von Goethe,
Les Années d’apprentissage de Wilhelm Meister
“ Pendant qu’on faisait les paquets et les derniers préparatifs, Mélina se prit à dire : « Il me déplaît que nous ayons en voyage l’air de saltimbanques et de charlatans. Je voudrais que Mignon mît des habits de femme, et que le joueur de harpe se fît bien vite couper la barbe. » Mignon se serra contre Wilhelm, en disant avec une grande vivacité : « Je suis un garçon ; je ne veux pas être une fille ! » Le vieillard se tut, et, à cette occasion, Philine fit quelques réflexions badines sur l’originalité du comte, leur patron. ”
Johann Wolfgang von Goethe,
Les Souffrances du jeune Werther
(1887)
“ Malheureux ! n'es-tu pas en démence ? ne te trompes-tu pas toi-même ? qu'attends-tu de cette passion frénétique et sans terme? Je n'adresse plus de vœux qu'à elle seule; mon imagination ne m'offre plus d'autre forme que la sienne, et de tout ce qui m'environne au monde je n'aperçois plus que ce qui a quelque rapport avec elle. C'est ainsi que je me procure quelques heures fortunées. jusqu'à ce que, de nouveau, je sois forcé de m'arracher d'elle. Ah! Wilhelm, où m'emporte souvent mon cœur ! ”
Johann Wolfgang von Goethe,
Les Années d’apprentissage de Wilhelm Meister
“ Comme s’il était besoin de cela ! s’écria Wilhelm. J’aime tant cette bonne, aimable et tendre amie, que j’ai regret à tous les moments de ma vie que j’ai passés sans elle. Que du moins je m’associe en imagination à ta vie passée ! Raconte-moi tout ; je veux tout te raconter aussi. Tâchons de nous faire illusion s’il est possible, et regagnons le temps perdu pour l’amour. —Puisque vous le désirez si vivement, dit la vieille, nous pourrons vous satisfaire ; mais racontez-nous d’abord comment votre passion pour le théâtre s’est accrue insensiblement ; comment vous l’avez exercée ”
Johann Wolfgang von Goethe,
Les Années d’apprentissage de Wilhelm Meister
“ Qu’allons-nous faire ? dit Philine, quand tout le monde se fut placé sur les bancs. —Le plus court, repartit Laërtes, serait d’improviser une pièce. Que chacun prenne le rôle qui convient le mieux à son caractère, et nous verrons comment cela nous réussira. —A merveille ! dit Wilhelm, car, dans une société où l’on ne se déguise point, où chacun ne suit que son sentiment, la grâce et le plaisir ne demeurent pas longtemps, et, dans celle où l’on se déguise toujours, ils ne se montrent jamais. ”
Johann Wolfgang von Goethe,
Les Années d’apprentissage de Wilhelm Meister
“ Le vieillard essuya ses larmes, et lui dit avec un gracieux sourire : « Comment êtes-vous venu jusqu’ici ? Je voulais vous faire ce soir une nouvelle visite. — Nous sommes plus tranquilles ici, répondit Wilhelm. Chante-moi ce que tu voudras, ce qui convient à ta situation, et fais comme si je n’y étais pas. Il me semble que tu ne saurais te tromper aujourd’hui. Tu es bien heureux de pouvoir t’occuper et t’entretenir si doucement dans la solitude, et, puisque tu es partout étranger, de trouver dans ton cœur la plus agréable connaissance. » ”
Johann Wolfgang von Goethe,
Les Années d’apprentissage de Wilhelm Meister
“ Cela ne doit pas vous embarrasser, dit Wilhelm ; car vous me semblez l’un et l’autre destinés par la nature à réussir dans la profession que vous avez choisie. Un extérieur agréable, une voix sonore, un cœur plein de sentiment : des acteurs peuvent-ils être mieux doués ? Je puis vous offrir quelques recommandations, et je serais charmé de vous être utile. —Je vous remercie de tout mon cœur, répondit Mélina, mais il me sera difficile d’en profiter, car, si je puis faire autrement, je ne reparaîtrai jamais sur le théâtre. ”
Johann Wolfgang von Goethe,
Les Années d’apprentissage de Wilhelm Meister
“ Nous avons l’avantage de pouvoir alléguer le caprice du directeur, qui est fier des mœurs de sa troupe. Les deux amants ont déjà l’habitude des précautions et du mystère. C’est moi qui réglerai l’heure et l’occasion. Sois prête seulement à jouer le rôle que je te prescrirai. Qui sait quelles circonstances viendront à notre secours ? Si seulement Norberg arrivait tandis que Wilhelm est absent ! Qui te défend de penser à l’un dans les bras de l’autre ? Je te souhaite un fils ! Crois-moi, son père sera riche. ”
Henri Heine,
Revue des Deux Mondes
“ LII. Avec mes discours amoureux, j’ai voulu surprendre ton cœur, et pris dans mes propres filets, je sens que la plaisanterie devient pour moi chose sérieuse. Si maintenant, comme c’est ton droit, tu t’éloignes en te moquant, toutes les puissances de l’enfer s’approcheront de moi, et, sérieusement cette fois, je pourrais me faire sauter la cervelle. LIII. Le monde et la vie ne sont que des fragmens décousus ; je veux aller trouver un professeur allemand qui coordonnera tout cela, et en fera un système raisonnable. ”
Hugues Le Roux,
Les gens d'aujourd'hui : marins et soldats
(1892)
“ Hélas ! que dirons-nous des hommes ? Montrant Laërte. Combien j'en connais comme lui, Qui traînent chez nous leur ennui, Se vantant de haïr les belles Qu'ils n'ont pas eu l'art de charmer ; Et qui nous traitent d'infidèles Sans avoir su se faire aimer. WILHELM, riant. Très-bien dit ! Vous voilà vengée ! LAERTE. Bravo ! l'affaire est engagée !... Permettez, sans plus de façon, Qu'on vous présente l'un à l'autre. Présentant Wilhelm à Philine. Monsieur Wilhelm Meister, un aimable garçon, Qui vous offre son coeur en échange du vôtre. ”
Johann Wolfgang von Goethe,
Les Années d’apprentissage de Wilhelm Meister
“ « Bon vieillard, s’écria-t-il, quelles sensations tu as excitées chez moi ! Tout ce qui dormait dans mon cœur, tu l’as réveillé. Ne te trouble pas, poursuis : en même temps que tu adoucis tes souffrances, tu rends heureux un ami. » Le vieillard voulait se lever et répondre quelques mots : Wilhelm s’y opposa, car il avait remarqué, le matin, qu’il ne parlait pas volontiers. ”
Johann Wolfgang von Goethe,
Les Souffrances du jeune Werther
(1774)
“ Voilà une créature à qui la tête tourne pour quelques quartiers de noblesse et quelques arpents de terre. Eh bien ! ce serait lui faire beaucoup de grâce : elle est tout uniquement fille d’un greffier du voisinage. Vois-tu, mon cher Wilhelm, je ne conçois rien à cette orgueilleuse espèce humaine, qui a assez peu de bon sens pour se prostituer aussi platement.Au reste, il n’est pas sage, j’en conviens et je le vois davantage tous les jours, de juger les autres d’après soi. J’ai bien assez à faire avec moi-même, moi dont le cœur et l’imagination recèlent tant d’orages... ”
Guillaume Alfred Heinrich,
Le Parcival de Wolfram d'Eschenbach et la légende du Saint-Graal…
(1855)
“ Enfin, si l'on considère le Minnegesang dans sa plus belle période, on y trouve plus qu'une inspiration, on y découvre une doctrine. Nous avons déjà indiqué la différence qui sépare les minnesinger de leurs modèles provençaux. Chez eux, le sentiment de l'amour n'a rien de léger ni de profane. La minne devient une doctrine morale destinée à relever l'homme et à l'améliorer. ”
Johann Wolfgang von Goethe,
Les Années d’apprentissage de Wilhelm Meister
“ Wilhelm continua de vivre quelque temps de la sorte, dans une grande application, et il se persuadait que le sort lui avait imposé pour son plus grand bien la rude épreuve qu’il avait subie ; il s’applaudissait de se voir averti assez tôt, quoique bien rudement, sur le chemin de la vie, tandis que d’autres expient plus tard, et plus cruellement, les erreurs où les a jetés un caprice de jeunesse. ”
Johann Wolfgang von Goethe,
Les Années d’apprentissage de Wilhelm Meister
“ Wilhelm, étant arrivé à Hochdorf, où il devait passer la nuit, descendit à la fabrique, dont le maître se trouvait sur sa liste comme débiteur. Lorsqu’il se fut nommé, le vieillard s’écria avec surprise : « Eh ! monsieur, êtes-vous le fils du brave homme à qui je dois tant de reconnaissance et de l’argent aussi ? Monsieur votre père a été si patient avec moi, que je serais un misérable, si je ne payais avec joie et empressement. Vous arrivez tout à propos pour voir que je prends la chose à cœur. » ”
