Étienne Marcel

Résumé

Étienne Marcel Le chef-d'oeuvre d'un condamné… (1879)

Et tu sais pourtant bien sourire, Mina ! Mais ton sourire est trop vif, trop enfantin, trop railleur. Il est charmant, mais il est terrestre, et — j'en suis bien sûr, — ce n'est pas ainsi que les anges sourient là-haut.
— Père, ce n'est pas étonnant, — répondit Mina, en laissant rayonner un éclair dans sa prunelle. — Là-haut, les anges sourient d'extase, d'amour, de ravissement, et quelquefois aussi de piété. Tandis que moi, ici, je ne souris que de jeunesse et d'espérance.
— Oh ! tu as raison, enfant ; je ne pourrais pas t'en blâmer. Il est si naturel d'espérer quand on est jeune!.
Source : Gallica

Étienne Marcel Le chef-d'oeuvre d'un condamné… (1879)

Il y a, nous le savons tous, des moments désastreux dans la vie du plus sage, dans la vie du plus juste, où le jugement peut errer et le cœur s'endurcir, sous l'influence d'une grande douleur. Vous savez, mes concitoyens, et vous, rappelez-vous, Messires, qu'à cette époque maître Kœrner venait de perdre sa plus grande joie, sa plus belle gloire, sa douce et bien-aimée enfant, Tous ici, vous qui m'écoutez, vous avez connu cette bonne et charmante demoiselle Mina, et vous pouvez concevoir cet immense chagrin d'un père.
— Johann, au nom du ciel, taisez-vous!.
Source : Gallica

Étienne Marcel Le chef-d'oeuvre d'un condamné… (1879)

« C'est ici, à plus d'un titre, la maison de notre père! » de pareilles pensées peuvent, à juste titre, flatter l'orgueil d'un artiste et toucher le cœur d'un chrétien.
Donc, Frantz et Johann, confiants, radieux, se mirent vaillamment à l'œuvre. Ensemble ils prirent les mesures, calculèrent les proportions, firent creuser le sol qui reçut les fondations de l'édifice, tracèrent le plan de la nef, sculptèrent les naïves statuettes de l'entrée principale, dessinèrent les broderies délicates, les sveltes ogives du chœur. Rien ne les arrêtait, tout marchait à merveille.
Source : Gallica

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