Edouard Haberlin

Résumé

Edouard Haberlin Les employés (souvenirs) (1884)

Ces mots, d'une si chaude éloquence, ranimèrent l'âme de Roger. Entraîné par cette force d'attraction qu'exercent toujours les sentiments généreux, il se jeta dans les bras du chef du Ministère. Son cœur était bourrelé de remords, et jamais pécheur ne fut si repentant; mais il fut absous avec cette grâce qui console, qui charme et purifie tout à la fois. Aussi quel cri s'échappa de sa poitrine : — Ah! Georges. pardonne-moi!.
— Mon pauvre ami, il n'y a pas de pardon à demander; il n'y a que l'oubli d'un égarement dont ta nature seule est responsable.
Source : Gallica

Edouard Haberlin Les employés (souvenirs) (1884)

Cette puissance magnétique fut telle qu'on eût pu croire que l'inspecteur des télégraphes les avait mis en contact avec toutes les piles des appareils de l'État.
Ils dansaient, ils sautaient tous comme des possédés du démon.
Ah! quel enthousiasme!.
L'attaché d'ambassade fut le plus emporté dans ce flot d'ivresse. Debout sur le fauteuil, il ne put résister à l'entraînement général. Il en descendit, d'un seul bond, pour se jeter dans les bras du facétieux inspecteur. Et il l'embrassa.
— Mon cher d'Ivoy, s'écria-t-il avec cet accent
chaleureux qui part du cœur, vous êtes sublime!.
Source : Gallica

Edouard Haberlin Les employés (souvenirs) (1884)

C'est le dernier sommet de l'amour et l'éternité dans l'adoration. C'est le ciel du poète ou plutôt l'infini dans toute sa majesté.
L'âme de Roger était en feu. En regardant Laurence, ses yeux se noyaient dans les siens; mais tout à coup un nuage passa sur son front et vint l'assombrir. Roger songeait au baron, et ce souvenir l'attrista, lui troubla l'esprit.
— Jamais, reprit-il, mon père ne se rendra.
— Pourquoi? demanda Laurence. Si madame de Saint-André intervient.
— Madame de Saint-André n'a aucune puissance sur lui. C'est un homme de fer qui ne cédera jamais.
Source : Gallica

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