Résumé

Marcelle Tirel Rodin intime : ou l'Envers d'une gloire (1923)

Entre cette dame et Rodin, d'Annunzio ressemblait à un petit notaire de province. Ils partirent tous les trois en me saluant, mais sans s'occuper de la Muse, que Rodin n'avait pas présentée. Aussi, quand ils furent sortis, trépigna-t-elle de fureur : — C'est de ma faute, hurlait-elle. Moi, qui pouvais avoir des rois!. Ah! je le paye cher dans mon monde de m'être donnée à ce paysan, à ce rustre, à cet imbécile, à ce malappris, à ce vieillard « catichime » de Rodin !
Elle était hors d'elle.
— Ne parlez pas ainsi de ce grand artiste, implorai-je. C'est un vieil enfant.
Source : Gallica

Marcelle Tirel Rodin intime : ou l'Envers d'une gloire (1923)

Charles Morice m'a lu un chapitre des Cathédrales, je n'y ai rien compris. Il me fait mentir à chaque instant. D'ailleurs c'est un critique. Les critiques ne comprennent rien à l'art, pas plus en peinture qu'en sculpture. Ils n'en ont pas besoin : la voix de tout-lemonde doit primer.
Je ne l'interrompais jamais quand je le voyais disposé à disserter, car Rodin parlait peu et le plus souvent par phrases courtes. Ce jour-là, près de moi silencieuse, il parlait pour lui seul. Il reprit :
— Il n'y a plus de sculpteurs, plus de peintres, depuis qu'on leur donne des prix.
Source : Gallica

Marcelle Tirel Rodin intime : ou l'Envers d'une gloire (1923)

Comme il ne se souvenait jamais de son nom, il l'avait baptisé : « Mylord ». Rien n'était plus amusant que le flegme de l'Anglais devant l'artiste qui lui criait des « Mylord, ici ! Mylord, nom de Dieu ! »
Nous devions demeurer huit jours à Meudon ; le troisième, Rodin me dit : — Je retourne à Paris demain matin. Soyez à hôtel Biron la première, et attendez-moi, sans rien faire.
Rodin avait acheté chez Hébrard, le fondeur d'art, une pendule avec un sujet de Desbois.
Chaque fois qu'il passait devant la table où elle se trouvait, il s'arrêtait, tournait autour, l'admirait :
— Quel artiste!
Source : Gallica

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