Thierry Sandre,
Mienne: roman
(1923)
“ Mon amie était séduisante. Elle me posséda. On en a des preuves par tout ce que j’ai rapporté déjà d’infime, de quotidien.On m’accusera, il se peut, de manquer de caractère. Je l’aimais. Avec un peu de lâcheté, je ne le nie pas. Avec faiblesse plutôt. J’aurais voulu qu’elle fût à moi, qu’elle fût mienne, et non pas uniquement de présence, comme elle était, ou comme je me plaisais à croire qu’elle était à son mari. Ce que je souhaitais d’elle, pour le dire sans recherche, c’était son cœur, son esprit, sa pensée, comment dit-on? ce qu’on n’est jamais assuré de tenir de personne. ”
