Résumé

Portrait de Stendhal Stendhal Stendhal - De l’amour, I, 1927…

Schiassetti, un colonel en demi-solde, un ami raisonnable et froid, est venu passer deux heures avec moi. « Vous devriez renoncer à l’aimer. — Comment faire ? Rendez-moi ma passion pour la guerre. — C’est un grand malheur pour vous de l’avoir connue. » J’en conviens presque, tant je me sens abattu et sans courage, tant la mélancolie a aujourd’hui d’empire sur moi. Nous cherchons ensemble quel intérêt a pu porter son amie à me calomnier auprès d’elle ; nous ne trouvons rien que ce vieux proverbe napolitain : « Femme qu’amour et jeunesse quittent se pique d’un rien. »
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Portrait de Stendhal Stendhal Stendhal - De l’amour, I, 1927…

Ces visites, si rares et si désirées, étaient un accès de folie, et il fallait toute la force de caractère de Salviati pour qu’elle ne parût pas au dehors.
Dès l’abord, l’idée de la fin de la visite est trop présente pour qu’on puisse trouver du plaisir. L’on parle beaucoup sans s’écouter ; souvent l’on dit le contraire de ce qu’on pense. On s’embarque dans des raisonnements qu’on est obligé de couper court, à cause de leur ridicule, si l’on vient à se réveiller et à s’écouter. L’effort qu’on se fait est si violent qu’on a l’air froid. L’amour se cache par son excès.
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Et la pudeur prête à l’amour le secours de l’imagination, c’est lui donner la vie.
La pudeur est enseignée de très bonne heure aux petites filles par leurs mères, et avec une extrême jalousie, on dirait comme par esprit de corps ; c’est que les femmes prennent soin d’avance du bonheur de l’amant qu’elles auront.
Pour une femme timide et tendre rien ne doit être au-dessus du supplice de s’être permis, en présence d’un homme, quelque chose dont elle croit devoir rougir ; je suis convaincu qu’une femme, un peu fière, préférerait mille morts.
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