“ Les Sceptres, qu’on les fonde ! et vendez les Tiares ! Hurle à son tour la voix mauvaise des Avares, Cri plus âpre, monté d’un enfer plus obscur. L’or est beau, l’or est bon, l’or est grand, l’or est pur ! Plus puissant que la Force et l’Orgueil, et plus sage, Il a, Dieu virtuel, le mépris de l’usage, Et dans tout homme ayant amassé des tas d’or N’allume que l’amour d’en amasser encor. Par nous, vous connaîtrez, Ames longtemps dupées, L’extase de sentir entre ses mains crispées Courir les flamboîments de l’or torrentiel : Anges ! vous compterez, pièce à pièce, le Ciel ! ”
Catulle Mendès
Résumé
Poésies, recueil publié en 1892 par Catulle Mendès, explore des thèmes universels tels que l’amour, la nature, l’existence humaine et la quête spirituelle. À travers des images poétiques chargées de symbolisme — neige, cygne, ange, givre — l’auteur combine mélancolie et lyrisme, interpellant le lecteur par des réflexions sur la vie, la mort et la transcendance.
Les entités comme Abendthor ou Cieux et les citations évoquent une tension entre le temporel et l’éternel, illustrant une vision profondément humaine et métaphysique. Ce recueil, riche en contrastes, révèle une sensibilité à la fois fragile et résiliente.
Citations de Poésies (Catulle Mendès)
“ Et reçut, jeune front peut-être épouvanté, Un diadème encor, la parfaite beauté. L’homme se sent pâlir parfois sous la couronne, La femme, non ; en vain la chute l’environne, Son vertige a l’ivresse et n’a pas la douleur ; Dans la main d’une femme un sceptre est une fleur. Prends cette fleur ! disait le satan qui l’assiège ; Mais, Dieu l’ayant élue, elle a connu le piège Et de la terre sombre a détourné les yeux Comme un rayon jaloux remonterait aux cieux. Un roi l’aimait ; pensive, elle a conclu l’échange De l’amour faux d’un roi pour l’amour vrai d’un ange ”
“ Car Dieu limite au mal la ruse du méchant. » Sa voix, calmée, avait quelque chose d’un chant Triste, qu’on entendrait de loin. Il dit encore : « Pourtant, je boirai peu. Tel qui se prive, adore, Et trouve, s’il jeûna de pain et de boisson, Sa faim grand-panetier, sa soif grand-échanson, Dans l’éternel repas, près des pures fontaines. » Puis il rêva. « Sagesse ! Amour ! Noces lointaines ! » Et, fixant la lueur étrange de ses yeux Sur la glace qui fut comme un lac soucieux Où le mirage pur d’une étoile se lève, Dans ses yeux reflétés il regardait son rêve. ”
