Catulle Mendès

Catulle Mendès

Résumé

Portrait de Catulle Mendès Catulle Mendès Poésies

Les Sceptres, qu’on les fonde ! et vendez les Tiares !
Hurle à son tour la voix mauvaise des Avares,
Cri plus âpre, monté d’un enfer plus obscur.
L’or est beau, l’or est bon, l’or est grand, l’or est pur !
Plus puissant que la Force et l’Orgueil, et plus sage,
Il a, Dieu virtuel, le mépris de l’usage,
Et dans tout homme ayant amassé des tas d’or
N’allume que l’amour d’en amasser encor.
Par nous, vous connaîtrez, Ames longtemps dupées,
L’extase de sentir entre ses mains crispées
Courir les flamboîments de l’or torrentiel :
Anges ! vous compterez, pièce à pièce, le Ciel !
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Et reçut, jeune front peut-être épouvanté,
Un diadème encor, la parfaite beauté.
L’homme se sent pâlir parfois sous la couronne,
La femme, non ; en vain la chute l’environne,
Son vertige a l’ivresse et n’a pas la douleur ;
Dans la main d’une femme un sceptre est une fleur.
Prends cette fleur ! disait le satan qui l’assiège ;
Mais, Dieu l’ayant élue, elle a connu le piège
Et de la terre sombre a détourné les yeux
Comme un rayon jaloux remonterait aux cieux.
Un roi l’aimait ; pensive, elle a conclu l’échange
De l’amour faux d’un roi pour l’amour vrai d’un ange
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Car Dieu limite au mal la ruse du méchant. »
Sa voix, calmée, avait quelque chose d’un chant
Triste, qu’on entendrait de loin.
Il dit encore :
« Pourtant, je boirai peu. Tel qui se prive, adore,
Et trouve, s’il jeûna de pain et de boisson,
Sa faim grand-panetier, sa soif grand-échanson,
Dans l’éternel repas, près des pures fontaines. »
Puis il rêva.
« Sagesse ! Amour ! Noces lointaines ! »
Et, fixant la lueur étrange de ses yeux
Sur la glace qui fut comme un lac soucieux
Où le mirage pur d’une étoile se lève,
Dans ses yeux reflétés il regardait son rêve.
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