Paul Flavière

Résumé

Paul Flavière Rien qui vaille (1881)

« Qu'Adam de même invoquait Ève Pour l'éveiller Alors que s'enfonçait le rêve Sous l'oreiller.
« Qu'à tant servir, cette praline, Depuis ce jour, A perdu sa saveur câline, Son goût d'amour! »
Vieux est le mot, c'est vrai, ma mie, Le mot est vieux.
Vieille aussi la flamme bénie De tes grands yeux;
Car cette vivante étincelle Qui brille ici, C'est ton âme; elle est immortelle: « Je t'aime » aussi !
Et qu'importe ce que l'extase Fait dire au cœur: Qu'importe la forme du vase A la liqueur!
Source : Gallica

Paul Flavière Rien qui vaille (1881)

Celui qui vient s'asseoir près de votre fauteuil Et cherche à réveiller, sous sa mélancolie, Le sourire attristé qui brille dans votre œil, Craint toujours qu'en jouant la folle causerie, Madame, n'ait heurté, de son aile étourdie, L'urne voilée où dort votre pensée en deuil.
Nous aussi, quelque jour, nous aurons notre peine ; Nous aussi nous crierons, en tombant à genoux, Que le ciel est d'airain pour la prière humaine; Et, cherchant d'un grand cœur l'asile austère et doux Dont s'ouvre à tout venant la pitié souveraine, Nous songerons au vôtre et nous viendrons à vous.
Source : Gallica

Paul Flavière Rien qui vaille (1881)

A quoi donc sert d'aimer?-Qu'attendre, nie disais-je, Qu'attendre d'un tel cœur pour l'amour qui m'assiège?
Jamais l'écho profond de l'église ou des bois, La strophe où l'ange en l'homme est visible parfois, Jamais un fier accent n'a fait vibrer son être; Jamais en contemplant, assise à sa fenêtre, Les gothiques vitraux d'un coucher de soleil, Ses rêves n'ont flotté sur l'Océan vermeil Vers l'ami désiré, vers une heure attendue; Aucune vision n'a déchiré sa nue, Et je ne trouverais dans ce magique écrin Qu'un caillou froid et dur où se meurtrit la main.
Source : Gallica

Chaque jour avec Kwize, l'actualité mise en perspective par la littérature