Paul Verlaine

Paul Verlaine

Résumé

Portrait de Paul Verlaine Paul Verlaine Sagesse (7e édition) (1914)

Une main te guide A travers le vide
Affeux de tes vœux,
Un peu de courage, C'est le bon orage.
Voici le Malheur Dans sa plénitude.
Mais à sa main rude Quelle belle fleur !
« La brûlante épine ! »
Un lis est moins blanc, « Elle m'entre au flanc. »
Et l'odeur divine !
Elle m'entre au cœur. »
Le parfum vainqueur !
« Pourtant je regrette, Pourtant je me meurs, Pourtant ces deux cœurs. »
Lève un peu la tête ; « Eh bien, c'est la Croix. » Lève un peu ton âme De ce monde infâme.
« Est-ce que je crois ? » Qu'en sais-tu?
Source : Gallica

Portrait de Paul Verlaine Paul Verlaine Sagesse (7e édition) (1893)

Il faut n'être pas dupe en ce farceur de monde Où le bonheur n'a rien d'exquis et d'alléchant S'il n'y frétille un peu de pervers et d'immonde, Et pour n'être pas dupe il faut être méchant.
Sagesse humaine, ah, j'ai les yeux sur d'autres choses, Et parmi ce passé dont ta voix décrivait L'ennui, pour des conseils encore plus moroses, Je ne me souviens plus que du mal que j'ai fait.
Dans tous les mouvements bizarres de ma vie, De mes « malheurs », selon le moment et le lieu, Des autres et de moi, de la route suivie, Je n'ai rien retenu que la grâce de Dieu.
Source : Gallica

Portrait de Paul Verlaine Paul Verlaine Sagesse (7e édition) (1914)

Qui fit les yeux et la lumière, L'honneur, la gloire, et tout le peu Qu'a son âme de candeur fière,
Le Sage peut, dorénavant,
Assister aux scènes du monde, Et suivre la chanson du vent, Et contempler la mer profonde.
Il ira, calme, et passera Dans la férocité des villes, Comme un mondain à l'Opéra Qui sort blasé des danses viles.
Même, — et pour tenir abaissé L'orgueil, qui fit son âme veuve, Il remontera le passé, Ce passé, comme un mauvais fleuve !
Il reverra l'herbe des bords, Il entendra le flot qui pleure Sur le bonheur mort et les torts De cette date et de cette heure !.
Source : Gallica

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